Band 
Tome premier.
Seite
188
JPEG-Download
 

188

I1IST0IRE DE LA CllIMIE.

§60.

lün^rais«

L’usnge de I’engrais pour fertiliser !e sol reiiionle ä la plushaute antiquitd. Ainsi nousvoyons, dans Homere, le vieillardLaGrte fumer lui-meme son champ (1).

Tout furnier n’etait pas indifferent. Varron donne la pr6f6rcnceä la flente de pigeon (2), qu’il van te beaucoup pour les päturagesdes bötes a cornes. Columelle, tout en adoptant 1’opimon deVarron, contlamne le furnier provenant des oiseaux aquati-ques (3).

Thdophraste raconte que 1’urine de 1’homine, melangee avccles poils de peaux tannees, est un engrais propre ä transformercertaines plantes sauvages en plantes domestiques (i).

Apres le furnier de pigeon, qui occupait le premier rang,vient, dans l’ordre de superiorite, le furnier de chevre, puis lefurnier de mouton; enfln, le furnier de heeiif et celui decbeval.

« Dans les pays oü il n’y a point de furnier d’animaux, on peut,dit Pline, employer ä cet esset la foug&re. »

On sait que la t'ougöre est de tous les vegetaux le plus riebe enpotasse qui, comme, en general tous les alealis, constitue unepartie essentielle de 1’engrais.

Pour se faire une i dee des soins que les cultivateurs romainsmettaient a pröparer leur engrais, on n’a qu’ä se rappeler qu’a-vant de se servir des excrdments comme furnier, il les faisaicntsecher pour les reduire en poudre, et qu’ils tamisaient cetlepoudre comme de la fari ne (farinx vice) (5). 0’6tait «Ione cequ’on appelle de la poudretle que pröparaient les Romains pourengraisser leurs terres.

Dans certaines contrees, aux environs du Pö par excmple, onse servait, comme on le fait encore aujourd’hui, de la cendre desvegetaux, au lien du furnier animal. Encore Pemploi de la cen-

(1) Oiljstce, XXIV, 225 ; Cic., de Senect., c. ai.

(2) Varron, de Ile rustica, I.

(3) Columelle, de Ile rustica, », 15.

(4) Tlieoplirasli', n, de Causis plant. ; l’line , xvn, G.

(5) Pliue, xvi', «I.