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Tome premier.
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PREMIERE EPOQUE.

un des dvdnements les plus extraordinaires de l’histoire del’humanitö. Le gdnie de cette nation, dont l’histoire etait jus-que-lä aussi inconnue que celle des barbares destructeursde l’empire de Rome , ouvrit aux Sciences une ere nou-velle. Les Arabes eraprunterent aux Grecs leurs chefs-d oeuvre,les traduisirent dans leur langue, les commenterenl, et, en re-pandirent la connaissance partout dans leurmarche victorieuse.Bientöt apres on n’entendait plus parier des Arabes, pas plusque de leur Science. — A voir cette apparition ephdm&re et sou-daine tfes Arabes du vm e au xitf siede, au milieu destdnebresdans lesquelles etait encore plonge le reste de l’Europe, on di-rait un mdtdore qui sillonne, comme undclair, une atmosphereobscurcie.

Les peuples du Nord contrastent avec les Arabes. Ils eurent,eux aussi, leur pari des debris de la c.ivilisation grecque et ro-maine. Les dcoles des khalifes de Bagdad out disparu depuislongtemps; tandis que nous sommes encore aujourd’hui anousdemander oü s’arretera la Civilisation des peuples autrefois sou-mis au sceptre de Charleinagne.

Si Gaben et Hippocrate ötaient perdus pöur l’histoire de lamddeeine, nous les reirouverions en partie dans les Oeuvres deBbases, d’Albucasis, d’Avicenne, d’Avenzoar, d’Averrhoes et deMesue.

Celte remarque s’applique aussi ä l’histoire de la chimie. Sinous avons ä regretter la perle dea Oeuvres de Democrite, d’Aga-tharchide, d’Archelaiis, d’Apion, l’Antigone de Caryste, de Mi-thridate, de Timöe, de Ddmdtrius le physicien, et de beaucoupd’autresauteursmentionnes parPline, il nousestpermisdecroireque Yeber ou Geber ( Djafar ), le seid des vöritables chimistesarabes, les a Ions rösumds, comme il le dit lui-meme : Totam nos-tram scientiam, quam ex dictis antiquor am abbreviavimus compila-tione diversa in nostris voluminibus, hic in Summauna redigemus.

Quoi qu’il en soit, les Arabes sont loin d’avoir fait avancer laScience, comme on se plait ä le proclamer. La decouverle de ladistillation et de l’eau-de-vie, qu’on leur attribue gdneralement,ne leur appartient pas, comme nous croyons 1'avoir montre.Les theories memc de la pierre philosophate, de la transmuta-tion des metaux, et beaucoup d’autres doctrines alchimiques,etaient connues dejä avant Mahomet.