DEUXIEME EP0QUE. 331
« Si vous voulez, 6 fils de la doctrine, faire eprouver aux corpsdes changements divers , ce Vest qu’ä l’aide des gaz que vous yparviendrez ( per Spiritus ipsos fieri necesse est ). Lorsque ces gazse fixent sur les corps, ils perdent leur forme et leur nature; ilsne sont plus ce qu’ils etaient. Lorsqu’on en opbre la Separation,voici ce qui arrive : ou les gaz s’echapperont seuls 7 , et les corpsoü ils ötaient fixes restent; ou les gaz et les corps s’dchapperonltous les deux ä la fois. »
II est ä regretter que l’auteur ne se seit pas elendu davantagesur un sujet aussi interessant; mais il aurait etö probablementconduit ä reveler des choses qui etaient regarddes comme desmystbres : « Voilä, dit-il en terminant, tont ce que je doisdire, et on ne sail pas encore tont ce qu’il est possible de sa-voir. Aussi ne connait-on pas tont l’ceuvre. »
Ce n’est pas la premiere fois que nous rencontrons des no-tions d’une connaissance plus ou moins positive des gaz (es-prits), et de leur Intervention dans les phönomenes chimiques.Mais ces notions sont d’ordinaire tellement abrdgees ou obscu-res, qu’on est tente de croire que les chätiments les plus terri-bles attendaient le sacrilöge qui les aurait rävölöes aux profanes.S’il est vrai que la chimie des gaz a 6te Tun des grands mysteresde Pantiquitö, il ne faudra pas s’etonner que les auteurs d’uneöpoque oü dominaient les croyances dogmatiques se soient abs-tenus de nous y initier.
L’opinion que les metaux sont des corps composds remonte äune dpoque assez reculee. v'aprös celte opinion, qu’adopteaussi Geber, les indtaux se composent de soufre et de mercure.A ces deux elöments Geber en ajoute un troisibme, Varsenic.Mais ces ölöments des metaux ne sont pas le soufre, le mercureet l’arsenic rentables, tels qu’ils se presenlent ä nous dans lanature. Ils n’ont rien de commun avec les corps dont ils portentles noms ; les alchimistes ont eux-m6mes soin de nous en aver-tir. En gönöral, ils tenaienl fort peu aux noms donnes auxchoses. L’un de ces elements est quelquefois appele espritfetide(Spiritus fmtens) , et l’autre eau vivante ou eau sechs.
Ainsi, les mdtaux se composent de deux ou de trois dldmentsd’une nature particuliere. Leur proporlion varie pour chacun desmetaux. Celui qui parviendra ä les isoler aura le pouvoir d’en-gendrer ou de transformer les mötaux-i volontd. Voilä, en somme,Comment Geber et la plupart des alchimistes entendaient la