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Tome premier.
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UlfiTOIRE DE LA CHIMIE.

DEUXIEME SECTION.

DEPl'IS LE XIII e SIECLE JUSQU’AU COMMENCEMENT DU XVI 0 SlfeCLE.

L’occupation de l’empire grec par les FranQais, dans lapremiöre moitiö du treiziöme siede, avait mis les Occidentauxä m6me de s’initier aux Sciences de l’Orient. Beaucoup de ma-nuscrits furent, h cetle öpoque, apportös de Conslantinople enFrance et de lä röpandus dans les autres contröes de l’Occident.

La papautö avait atteint I’apogöe de sa puissance, et l’autorilöccntinuait d’usurper le libre domaine de la Science.

L’intervalle compris entre le treiziöme et le seizieme siedeest l’äge d’or de la chimie des spiritualistes, c’est-ä-dire, de 1 ’al-chimie. Le tömoignage des sens 6tait rejet6 par les physicienscomme par les philosophes. La mdthode, la seule reconnuevraie et legitime, dait edle qui pari de l’absolu, de la causesupröme, pour y revenir apres bien des Cercles vieieux. Lareligion n’dait pas seulement destin6e h priparer les hom-mes a la cite edeste, eile devait donner la des de toules lesconnaissances humaines; ses mystöres devaient introduirel’homme dans le sancluaire menie de la Science. Le dualismedu bien et du mal, la Trinitö, les sept sacrements, n’daientpas seulement des dogmes religieux, c’daient des dogmesscientifiques. Les mysteres de la foi et des nombres saerds, ap-pliqu6s a Dieu, ä l’homme et ä la nature, au macrocosme etau microcosme, rappelaient les doctrines des pythagoriciens. Cesid6es sont pour ainsi dire contemporaines de la pens6e hu-maine. L’homme y reviendra peut-dre un jour, apres avoirparcouru bien des courbes.

L’alchimie dait droitement unie ä la philosophie scolastique.Les Möteorologiqves d’Aristote etaient invoqud, par les alchi-misles, comme une autoritß supörieure ä l’expdrience elle-meme, tout comme la Physique du Stagirite I'dait par les phi-losophes. La cdöbre proposition, souvent renouvelöe, que lesespeces ne peutenl pas se transsormer les tines dans les autres,