HISTOIRE DE' LA GUI HIE.
dresser ces tables; mais que la soltise de ceux auxquels il avaitaffaire ne lui avait pas permis de les achever (non potui consum-mare propter stultitiam eorum cum quibus habui facere ) (1).
A 1’aecusation de magie, le frere Roger rdpliqua par sa leltreDe nullilate magix. Quant aux exp6riences physiques, que Pes—prit de Pdpoque regardait comme l’ceuvre du diable, voici sareponse : « Parce que ces choscs soni au-dessus de volre intel-ligence, vous les appelez ceuvres du demon. Les theologiens etles canonisles, dans leur ignorance, les abhorrent comme sic’etait de la magie , et les regardent comme indignes d’un ehrö-tien (2). »
Aucune de ces raisons ne prdvalut contre le fanatisme. Lascience perdit son proces ; 1’ignorance triompha.
Les ouvrages de Roger Bacon furent condamnds comme ren-fermant « des nouveautds dangereuses et suspectes, » et 1’auleurlui-meme fut mis au cachot. Le general des franciscains Iit con-firmer cette condamnation par la cour de Rome.
J. Twine raconte qu’on voyait les livres de R. Bacon altachesavec des chaines aux tablettes de la Bibliotheque des cordeliersd’Oxford , et qu’ilsy furent enlierement rongds par les vers (3).
Jdrome d’Esculo devint pape sons le nom de Nicolas IV. Cefut donc en vain que Bacon en appela au saint-sidge : au lieud’etre remis en liberte, il ne fut que plus etroitement resserrddans sa prison (4). On rapporte que, pour flechir le pape, il luiavait adressd, comme preuve de son innocence et de Putilitd deses travaux, un livre inlitule : De prolongalione vilx , qui se con-serve en manuscrit a la Bibliotheque impdriale de Paris. Enlin ,gräce ä 1’intervention de quelques personnages puissants, lepauvre frere Roger obtint sa liberld en 1291, apres dix ans decaptivite. Mais, helas! il avait vieilli dans sa prison; ses forcesetaient brisees par les douleurs et les infirmites. II retourna enAnglelerre , et mourut Pannee suivante a Oxford (S), ä Page desoixantc-dix-buit ans (6). Voila ce qu’il en conte de vouloireclairer les hommes.
(1) Opus teri., ad Clement. Ms. cot. Tib. c. 5, lol. 6. Voy. Diclionnairehislorique de Cliauffepie, t. i.
(2) Opus maj., p. 2/,g.
(3) De Itebus Albionicis, lib. ii, p. 130.
(4) Uisl. et Antiquit. unioersit., 0\on., lib. 1, p. 38.
(5) Suivant Pibseiis et liabeiis, il mourut en 1284.
(0) 01. Borricbius (de Ortu et projressu chemkc) dii avoir vu ii 0\soi<l (au