THOISIEJIE EPOQUE. 199
pas entre eux, et qui appliquent souvent L un seul et mtzme corpsdes propri6t6s et des noms differents; etils’indigne decette md-thode deplorable qui a si longtemps retardd les progrds de lascience.
«Les anciens, dit-il ironiquement, ne s’accordent pas sur lesespeces de soufre. Le soufre de l’un n’est pas le soufre de Lautre,au grand prejudice de la science. A cela, on nie rdpond que cha-cun est bien libre de baptiser son enfant comme il l’entend. D’ac-cord : vous pouvez mfeme, si bon vous semble, appeler ä.ne unbosuf, mais vous ne ferez jamais croire ii personne que votreboeuf est un äne (1). »
Afln d’apprdcier taut le mdrite de Kunckel, il saut se rappelerque , pour deblayer le terrain de la science, ce chimiste avait älütter contre des obstacles dont nous soupqonnons aujourd’hui äpeine l’existence.
Le fameux alkahest de Paracelse et de Van-Helmont futl’objetde la verve satirique de Kunckel. On se rappelle que 1 'alkahestetait le dissolvant universel qui devait, par consdquent, dissoudrele verre, la silice, le soufre, l’or, en un mot, tous les corps. « Maissi l’alkahest, remarque spirituellement Kunckel, dissout tont cequi est, il doit aussi dissoudre le vase qui le renferme; s’il dis-sout la silice , il doit dissoudre le verre, qui est fait avec de lasilice. On a beaucoup discutd sur ce grand dissolvant de la nature:les uns le fönt döriver du \Alu\alkali est, les autres, de deux motsallemands all geist (tout esprit) ; enfln d’autres le fönt venir dealles est (c’est tout). Quant ä moi, qui ne crois pas au dissolvantuniversel de Van-Helmont, je l’appellerai par son vrai nom, alleslügen heist ou alles Lügen ist (tout cela est mensonge) (2). »
Voulez-vous savoir ce que Kunckel pensait de la question sicontroversee de la transmutation des metaux? Kcoutez-le :
«Daus la chimie il y a des separations, des combinaisons,des puriiications; mais il n’y a pas de transmutations. L’oeufdclöt par la chaleur d’une poule. Avec tout notre art, nous nepouvons pas faire un ceuf; nous pouvous le ddtruire et l’analyser,mais voilä tout (3). »
Les paroles etaient dirigees contre les alchimistes qui, dans
<1) VolhtaencUges Laborat., p. 181 .{i) Ibid., p. 475.
Ibid., p. 524.