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Tome second.
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HISTOIRE DE LA CIIIMIE.

de difförentes natures, deviendraient des pierres opaques di-versement colorees. Une partie des substances cesserait d’existerdans l’elat de lluide invisible, saute d’un degr6 de chaleur süffi-sant; il reviendrait douc ä l’etat de liquiditd, et ce changementproduiraitdenouveaux liquides, dontnous n’avons aucune idde.»

Voilh le point de vue elevd d’oü Lavoisier envisageait la ques-tion de l'dtat des corps. Si les uns sont solides, les untres liquideset d'untres gazeux, cela tient tont simplement au plus oumoins de chaleur qu’une planete reyoit du soleil; si^notre globevenait ä ßtre place plus pres ou plus loin de ce foyer, les objetsdont s’occupe la cbiraie changeraient d’etat, mais non de com-position.

A l'äpoque de Lavoisier' et devant l’autoritd de l’äcole r6-gnante, cesidöes nouvelles devaient faire l’objet de controverses" vives et passionnees. C’etait tont simple; il 6tait möme impos-sible qu’il en füt r autrement. Mais, aujourd’hui que^l’expiriencea prononcö, nous pouvons en apprdcier la valeur avec uneparfaite serdnitd.

Eh bien, est-ce que la Science aurait pu, nous le demandons,faire autant de progres avec les idees de Priestley qu’avec cellesde Lavoisier? Non, dvidemment. Jamais avec l'idäe que les gazsont des transformations de l’air, jamais avec la thdorie du phlo-gistique, la question de la simplicitd ou de la compositiondes corps, cette question Capitale de la chimie, n’aurait pußtre abordöe d’une maniere eflicace. On ne serait certainementpas parvenu de si bonne heure ä demontrer que 1 'air dephlogis-lique (oxygene) est un corps simple , gazeux, d’une nature par-ticuliere, et qu’iljen est de möme de Yair inflammable (hydro-göne), de l’air phlogistique (azote), etc. Jamais peut-etre onne serait arriv6 ä dömontrer que Yair fixe est un composd d'oxy-gene (air dephlogisliqud) et de charbon pur (carbone), queYalcali volatil est un composd d’azote (air phlogistique) et d’hy-drogöne, etc. Jamais enfin la prddiction de Lavoisier, que lesalcalis, tels que la potasse et la soude', que les terres, tellesque la chaux, l’alumine, la magn6sie, etc., sont de veritablesOxydes mdtalliques, jamais cette prddiction du gdnie n’auraitpu 6tre rdalisöe sous l’empire de la thdorie du phlogistique.

Sans doule on revient de nos jours sur la grande question deYunile de mutiere; eile se complique meme de celle de Yunite deforces. Mais, avant de l’aborderdenouveau, plus fructueusement