TROISIEME EPOQUE. 557
Fourcroy eut le merite incontestable d’avoir, par ses ouvrageset par son enseignement, contribuß plus qu’aucun autre de sescollögues ä populariser la chimie. Parmi ses ouvrages nous ci-terons : Systeme des connaissances chimiques et de lern applicationaux phenomenes de la nature et de l’arl, 1801, 6 vol. in-4°, ou11 vol. in-8° : c’est le developpement de ses Lecons d’histoirenaturelle et de chimie, parues en 1781,2 vol. in-8°; — Philosophiechimique; 1792, in-8°; — Tableaux synoptiques de chimie, aliasin-folio,1805. Son article Chimie, de l’Encyclopedie mdthodique,est fort important pour l’histoire de la chimie au dix-huitiemesiede.
Comme professeur, Fourcroy dait saus rival. «11 etaitnd, ditM. Parisei, pour letalent de la parole, et, ce talent, il l’a portö auplus haut degri : ordre, clartö, expression, il avait toutes lesqualitd d’un orateur consommd; ses legons tenaient de l’enchan-tement.Apeineavait-ilouvertla bouche quele coeur dait saisi parles sens et l’esprit captiv6 par l’attente. Les phönomdies les plussubtils, les th6ories les plus abstraites, prenaient, ä mesurequ’il parlait, une didence et une simplicite qui jetaient dans lasurprise et le ravissement. Son docution vive, fädle, vari6e,dögante et pourtant familiäre, semblait se jouer avec les obsta-cles, et faisait tomber, pour ainsi dire en courant, les volles souslesquels la nature s’est enveloppöe. Tout cet 6clat, soutenu parles accents d’une voix sonore et flexible, et par le jeu d’une phv-sionomie qui se prötait ä mille expressions et qui s’animait dufeu de la parole, donnait L ses ddmonstralions tout le prestige,et j’oserais presque dire, tonte la passion d’une scöne dranaa-tique. Il savait distinguer sur les bancs les plus doignes de sonamphithöätre l’esprit difficile qui doutait encore, et celui qui necomprenait pas; alors il variait ses expressions, la langue sem-blait multiplier pour lui ses richesses, et il ne quittait sa mu-tiere que lorsqu’il voyait tout son nombreux auditoire 6galementsatisfait. Aussi, quelque lieu qu’il choisit pour ses cours, celieu n’dait jamais assez vaste pour l’affluence de ses audi-teurs (t).»
(1) Parisel, Eloge de Fourcroy.