394 LOIS DU MOUVEMENT DE J.A UNE.
§ 216. i.lbraiionH de la lune. — Nous venons de reconnaîtrel’existence de la rotation de la lune sur elle-même, et de trouverles principales circonstances de ce mouvement, en nous fondantsur ce fait que les taches de la lune nous paraissent toujours oc-cuper la même place sur son disque. Mais il n'en est pas rigou-reusement ainsi.
L’observation des taches de la lune, à l'œil nu , n'est pas sus-ceptible d'une bien grande précision, surtout en raison de ce queles taches que l'on voit ainsi sont vagues, mal définies ; ces tachesse déplaceraient d'une petite quantité, par rapport au contour dudisque, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, que nous ne nousen apercevrions pas. Mais quand on observe la lune avec une lu-nette, lors même que cette lunette n'aurait qu'un faible grossisse-ment, on distingue sur la surface de l'astre des points remarqua-bles et parfaitement définis, dont on peut facilement apprécier laposition d une manière précise. Or, en observant ainsi la lune àdiverses époques, on reconnaît que les points sur lesquels on aspécialement fixé son attention ne restent pas toujours dans lamême position par rapport au contour du disque : chacun d'euxsemble osciller de part et d’autre d'une position moyenne. Ces os-cillations se produisent d'ailleurs en même temps, et dans le mêmesens, pour les divers points que l'on observe; en sorte qu'on lesattribue naturellement à ce que la lune tout entière éprouve unmouvement d'oscillation, ou de balancement, autour de son centre,mouvement auquel participent les diverses taches que l’on voit àsa surface. Ce mouvement particulier de la lune a reçu le nom delibration (du verbe latin librare, qui signifie balancer). Galilée, qui
10 premier a dirigé une lunette vers le ciel, est aussi le premierqui ait reconnu l’existence do ce mouvement.
La libration de la lune est due à trois causes distinctes, que nousallons examiner successivement. Chacune de ces causes donne lieuà une libration particulière, et c’est la coexistence de ces troislibrations qui détermine le mouvement d’oscillation des taches lu-naires, tel que l’observation le fait connaître. Les trois librationspartielles dont nous parlons sont connues sous les noms de libra-tion en longitude, libration en latitude, et libration diurne.
§ 217. D'après ce que nous avons dit (§ 213), pour qu'unetache qui nous paraît à un instant quelconque exactement au centredu disque de la lune, conserve constamment cette position centrale,
11 faut : 1° que la lune tourne autour d'un axe perpendiculaire auplan de son orbite ; 2° que l'angle dont elle tourne autour de cetaxe soit toujours égal à celui qu’elle décrit aulour de la terre