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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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la terre vue de la lune. 399

elle resterait constamment invisible pour tous les points de l’hé-misphère opposé.

L’existence des librations en longitude et en latitude fait que leschoses ne se passent pas tout à fait ainsi. De chaque point del'hémisphère de la lune qui est tourné de notre côté, la terre doitparaître osciller de part et d’autre d’une certaine position moyenne.Pour les points qui sont situés près des bords de cet hémisphère,l’oscillation de la terre doit tantôt l’abaisser au-dessous de l'horizon,tantôt l’élever au-dessus de ce plan : la terre doit se lever et secoucher alternativement, et ses apparitions et disparitions succes-sives, dues à la coexistence des deux librations en longitude et enlatitude, doivent suivre une loi assez complexe- Enfin il y a éga-lement un grand nombre de points de la surface de la lune, d’oùl’on n'aperçoit jamais la terre ; mais l’ensemble de ces points, d’oùla terre est invisible, ne forme pas tout à fait un hémisphère, àcause des librations qui amènent alternativement la terre sur l’ho-rizon de points d’où l’on ne l’aurait jamais vue sans cela.

La terre, vue de la lune, doit présenter la forme d’un disque àpeu près circulaire, ayant un diamètre apparent d’environ 2 degrés.Elle doit d’ailleurs présenter des phases absolument pareilles àcelles que la lune nous présente.

La lune étant animée d’un mouvement de rotation sur elle-même, un observateur, placé sur sa surface, doit voir l’ensembledes astres tourner en sens contraire, autour de l’axe de rotation dela lune. La terre seule ne participe pas à ce mouvement diurne,puisque , en chaque point de la surface de la lune , on la voit tou-jours à peu près dans la même position par rapport à l’horizon ; ondoit donc voir les constellations passer les unes après les autresderrière la terre. La durée du jour sidéral, sur la lune, est égale àla durée de la rotation de cet astre sur lui-môme, et par conséquentégale à celle de sa révolution sidérale (§ 210) : ainsi le jour sidéralde la lune contient plus de 27 de nos jours moyens.

Le soleil, vu de la lune, participe au mouvement diurne dontnous venons de parler ; mais il a en même temps un mouvementpropre parmi les étoiles, en vertu duquel la durée de sa révolutiondiurne autour de la lune n’est pas la même que pour les étoiles.Ce mouvement diurne du soleil occasionne en chaque point des jourset des nuits qui se succèdent régulièrement; le jour et la nuit, ré-pandus ainsi sur diverses parties du globe lunaire, nous sont rendussensibles par les phases que nous apercevons. Chaque point de lasurface de la lune nous paraissant à peu près immobile par rap-port au contour de son disque, il est clair que le soleil a fait un tour