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entre elles, permet d’aller encore plus loin , en indiquant la causedes différences très grandes que l’on trouve dans l'intensité de cephénomène, suivant qu’on l’observe dans tel ou tel lieu.
Dans une mer de petites dimensions, et à plus forte raison dansun lac , il est clair que les oscillations des eaux sous l’action de lalune et du soleil doivent être peu prononcées; dans une grandemer, au contraire, ces oscillations doivent être beaucoup plus in-tenses. Si une grande mer est limitée de part et d'autre par descôtes s’étendant à peu près suivant deux méridiens, comme l'océanAtlantique qui est compris entre les côtes d'Europe et d’Afrique,d’une part, et les côtes d’Amérique, d’une autre part, ces deuxlimites forment comme deux barrières, contre lesquelles les eauxsont obligées de s'arrêter dans leur mouvement de transport, quiest dirigé tantôt de l’est à l’ouest, tantôt de l’ouest à l’est; il doiten résulter, vers ces limites, et dans le sens vertical, des oscilla-tions notablement plus grandes que celles qui se produisent dansune vaste mer presque entièrement libre, comme la mer du Sud.
Si deux mers communiquent l’une avec l’autre, les oscillationsproduites par les actions du soleil et de la lune, dans une quel-conque de ces deux mers, se propagent dans l’autre ; en sorte que,dans chacune d’elles, il y a à la fois des oscillations produites di-rectement par les actions des deux astres sur l’eau qu’elle ren-ferme, et des oscillations provenant de celles que ces astres occa-sionnent dans l’autre mer : les marées qu’on y observe sont lerésultat de la combinaison de ces deux espèces d’oscillations. Si lesdeux mers ont des dimensions très différentes, les marées qui ontlieu dans la plus grande sont presque en totalilé des marées di-rectes; et, au contraire, celles qui ont lieu dans la plus petite nesont pour ainsi dire que des marées dérivées, provenant de ce queles oscillations des eaux de la grande mer se propagent de procheen proche dans toutes les parties de la petite.
Les marées sont à peine sensibles dans la mer Méditerranée.Cela tient aux petites dimensions que présente cette mer. Le dé-troit de Gibraltar, par lequel elle communique avec l’océan Atlan-tique , n’est pas assez large pour que les oscillations des eaux decet océan puissent se propager à son intérieur, de manière à yproduire des marées dérivées appréciables.
Les marées de l'océan Atlantique occasionnent, au contraire,des marées dérivées très intenses dans la mer de la Manche, aveclaquelle il communique très librement. Lorsque la mer devienthaute à l'ouest de la France, dans les environs de Brest, le flot dela pleine mer s'avance peu à peu dans la Manche. Cette petite mer