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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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574 GRAVITATION UNIVERSELLE.

Nous ne sommes pas placés de manière à voir la surface exté-rieure de l’atmosphère terrestre, comme nous voyons la surface dela mer. Ce n'est donc pas par l'observation du mouvement, tantôtascendant, tantôt descendant, de cette surface extérieure, que lesmarées atmosphériques peuvent nous être rendues sensibles. Nousnous trouvons, pour ainsi dire, au fond de l'atmosphère; nous nepouvons nous apercevoir de l'existence des marées atmosphériquesque comme nous nous apercevrions des marées de l’océan, si nousétions placés au fond de la mer. Or, il est clair que le seul effet quenous éprouverions au fond de la mer, par suite des oscillations desa surface, dues aux actions du soleil et de la lune , c'est un chan-gement périodique dans la pression exercée par l'eau sur les objetsqui nous environneraient, en raison de l'augmentation et de la di-minution alternative de la hauteur de la colonne d’eau située au-dessus de nous : la pression exercée par l’eau irait en augmentantpendant tout le temps que la surface de la mer s’élèverait, et endiminuant, au contraire, pendant tout le temps que cette s u rfaces’abaisserait. Les marées atmosphériques ne peuvent done nousêtre rendues sensibles que par des variations périodiques de la pres-sion exercée par l'atmosphère dans le lieu où nous nous trouvons,c’est-à-dire par des augmentations et diminutions alternatives dela hauteur de la colonne barométrique qui sert de mesure à cettepression.

Observons maintenant que l’atmosphère n’est pas dans les mêmesconditions que la mer, qui se trouve encaissée dans les continents :l'atmosphère environne la terre de toutes parts, et, par conséquent,les motifs que nous avons donnés pour expliquer l'excès considé-rable de l’amplitude réelle des oscillations de la surface de la mer,sur ce qu'elle devrait être d’après la théorie, ne peuvent pas s'ap-pliquer au cas des marées atmosphériques. L'amplitude totale desoscillations de l’atmosphère, dans le sens vertical et à l’époque dessyzygies, ne doit donc pas beaucoup s'éloigner de la valeur de0 ,n ,7l que la théorie assigne à cette amplitude. La hauteur de lacolonne d’air située au-dessus du lieu où l’on est placé ne doitvarier, en vertu des actions du soleil et de la lune, que d’unequantité à peu près égale à cette hauteur de 0 m ,74. Or, on saitqu’une augmentation d’un mètre, dans la hauteur de la colonned’air qui surmonte un baromètre placé près de la surface de laterre, ne produit qu'une augmentation d’un dixième de millimètreenviron dans la hauteur de la colonne barométrique : les oscillationsde cette colonne barométrique, dues aux marées atmosphériques,doiventdonc être insensibles. La discussion d’un grand nombre de