Buch 
Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
Entstehung
Seite
590
JPEG-Download
 

590

GRAVITATION UNIVERSELLE.

On voit que la densité moyenne du soleil n’est guère supérieureà celle de l'eau ; que celle d’Uranus lui est à peu près égale ; et quecelle de Saturne n'en est que les trois quarts.

§ 317. Decouverte «le In rotation «le l’anneau «le Sa-turne. — Les développements dans lesquels nous sommes entrésdans diverses parties de ce chapitre , ne peuvent donner qu’unefaible idée de la manière dont la théorie de la gravitation univer-selle a rendu compte des particularités que l’observation avait faitdécouvrir dans les mouvements des astres. Toutes les inégalitésqui étaient venues successivement éloigner ces mouvements de lasimplicilé qu'on leur attribuait d’abord, ont été expliquées parcette théorie ; et elle ne s’est pas bornée uniquement à faire con-naître la cause de chacune d'elles, elle en a en outre assigné lagrandeur et les lois, sans que jamais on ait trouvé par l’observationque les résultats qu'elle avait fournis n’étaient pas conformes auxfaits. Celte concordance des inégalités trouvées par l'observationavec ce que la théorie a fait connaître ensuite relativement à cha-cune d’elles constitue bien certainement une grande preuve enfaveur de la théorie de Newton ; mais on en trouve une plus grandeencore dans ce fait remarquable, que la théorie a fait trouver unefoule d’inégalités que l'observation seule eût nu beaucoup de peinea dévoiler, et que, par l’adjonction de ces nouvelles inégalités àcelles déjà connues, on est arrivé à une connaissance beaucoup plusprécise du mouvement de chacun des corps du système planétaire.Nous citerons ici deux exemples remarquables de ces résultats quela théorie a indiqués, et qui ont été pleinement confirmés par l’ob-servation. Le premier se rapporte à la rotation de l'anneau deSaturne, et le second à la découverte de la planète Neptune.

Laplace, en cherchant à se rendre compte de l’existence perma-nente de l’anneau qui environne Saturne, a été conduit à penserque ce corps singulier n’avait pu rester pendant des siècles dans laposition qu’il occupe par rapport à la planète, que parce qu’il étaitanimé d’un mouvement de rotation dans son plan et autour de soncentre. La force centrifuge , due à ce mouvement de rotation, ense combinant avec l'attraction que les corps placés à la surface del’anneau éprouvent de la part de la planète et de l’anneau lui-même, peut maintenir ces corps en équilibre ; tandis que, si l’an-neau ne tournait pas, les diverses parties qui le composent céde-raient peu à peu à l'attraction de la planète, et tomberaient lesunes après les autres sur sa surface, ce qui amènerait bientôt ladestruction complète de l'anneau. Laplace a calculé la vitesse aveclaquelle devait s’effectuer le mouvement do rotation de l’anneau,