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TROISIÈME PARTIE.
moires posthumes insérés d’année en année dans les volumessuccessifs de la même académie. L’infatigable géomètre en-richit le recueil de l’académie de Berlin, et les mémoires qu’iladressa à celle de Paris lui valurent plus d’une couronne.
Continuateur de Leibnitz, Euler perfectionna surtout lascience du calcul; il remplaça les considérations purement géo-métriques auxquelles se livraient d’habitude les disciples deNewton par les procédés analytiques ; et c’est ainsi qu’il putnous offrir l’exemple de ces longues déductions que le calculseul développe jusqu’à la conclusion finale, une fois que lesconditions du problème à résoudre ont été exprimées à l’aidedes symboles algébriques, c’est-à-dire après la mise en équa-tion du problème.
Euler imagina le calcul algébrique des fonctions circulaires ;il étendit la théorie des suites et celle des nombres; il agran-dit la sphère de la mécanique en traitant cette science par l’a-nalyse; et c’est ainsi qu’il perfectionna les calculs différentielet intégral dont il publia un cours plus complet et bien supé-rieur aux ouvrages qu’on possédait alors sur cette matière ;enfin, il cultiva la physique et même cette métaphysique queVoltaire a définie : le champ des doutes et le roman de l’âme(*).C’est peut-être cette métapbysique-là qui fait encore oublierde nos jours les devoirs de la vraie piété. Que dis-je? Nousavons eu l’honneur de vivre dans l’intimité d’un personnagequi passa les quinze dernières années de sa vie à chercher unedémonstration mathématique du dogme de la très-sainte Tri-nité : n’aurait-il pas mieux fait d’aller à la messe ? 11 raisonnaitjuste en dehors de sa manie religioso-mathématique; il laissaità d’autre le soin de prêcher le bien, et se contentait de le faire.Enfin, il avait le génie du cœur, un génie qui en vaut bienun autre, et le nom de ce héros de la charité est inscrit dansdes annales non moins glorieuses que celles de la science (**).
(') N’est-ce pas la toile de Pénélope ou bien un tissu de rêveries mys-tiques, pour ne pas dire un profond galimatias?
(**) Les habitants de Villejuif vénèrent sa mémoire ; ils le nomment, enle bénissant, quand on leur parle d’un homme de bien; et s’il était donné àcelui qui fut le jeune confident du vieux gentilhomme de raconter sa vie,cette histoire serait un cours de morale en actions : non hic est locus. Toute-