TROISIEME PARTIE.
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MONGE
(1746-1818.)
Monge (*) naquit à Beaune en 1746. C’est un pauvre mar-chand forain qui donna le jour au créateur de la géométriedescriptive, à l’un des fondateurs de l'Ecole polytechnique.
Le jeune Monge fut initié aux premiers éléments des ma-thématiques par les Oratoriens qui dirigeaient le collège de saville natale, et ses talents précoces achevèrent de se développerchez les Oratoriens de Lyon, auxquels les premiers le confiè-rent. A seize ans il fut jugé digne de s’asseoir à côté de sesnouveaux maîtres et de professer la physique. Un jour qu'ilétait en vacances chez son père, l’idée lui vint de lever le plande Beaune, à une grande échelle. Il créa les instruments né-cessaires qui lui manquaient; et, son travail accompli, il enfit présenta l’administration municipale. Un lieutenant-coloneldu génie, frappé de l’exactitude de ce travail, recommanda sonjeune auteur au commandant de l’école du génie établie depuisplusieurs années à Mézières. Malheureusement pour Monge, ilfallait appartenir à une condition élevée pour être admis àcette école comme élève dans l’arme du génie, et son humblecondition fut un motif d’exclusion. On voulut bien toutefoisle recevoir dans la classe des appareilleurs et constructeursde travaux des fortifications, en qualité de dessinateur. On nevoyait en lui qu’un dessinateur exercé, quand le commandantde l’école le chargea, par un heureux hasard, de faire lescalculs pratiques d’une opération de défilement. Rebuté deslongs tâtonnements par lesquels on arrivait à la solution duproblème, le calculateur improvisé imagina une méthode plusexpéditive et non moins sûre, c’est-à-dire la première mé-
0) Monge (Gaspar) avait deux frères : l’un qui lui succéda dans la placed’examinateur de la marine , l’autre qui fut professeur d’iivdroaranliie à
Anvers.