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TROISIEME PARTIE.
en vingt brigades, et il se chargea de préparer à leur nouvelle !destination les sujets d’élite préposés à chaque brigade, commeintermédiaires entre les maîtres et la masse des élèves. Il lesexerçait sans relâche sur l’analyse et la géométrie; il les sui-vait dans leurs laboratoires pour guider leurs tentatives; enfin Iil ne les quittait qu’après avoir enflammé leur zèle, pour aller iécrire les feuilles d’analyse qui devaient servir de texte à sesprochaines leçons; puis il reparaissait, après quelques heuresde sommeil, au milieu de ses enfants adoptifs qui réalisèrentainsi, au bout de trois mois, les plus belles espérances. j
Monge dut s’éloigner de l’Ecole polytechnique, berceau flo-rissant de la science et des travaux publics, pour aller recueilliren Italie, avec Bertliollet et quelques autres de ses collègues àl’Institut, les chefs-d’œuvre dont la cession avait été stipuléepar le jeune vainqueur de l’Italie. Après cette mission qui duraplus d’une année, Monge fut chargé par Bonaparte d’apporterau Directoire, avec le général Berthier, le traité de Campo-Formio. Dans l’audience de réception, dit-on, le savant répu-blicain s’exalta au souvenir des victoires de la République; ilserait allé jusqu’à comparer son héros à Epaminondas, jusqu’àl’assimiler au Gaulois Vercingétorix, chef d’une confédérationaccablée par César. Monge ne sut pas lire dans l’avenir, maisl’exaltation dont on a pu lui faire un crime n’était-elle pasalors une vertu ?
Monge et Daunou furent ensuite chargés d’une mission àRome; il s’agissait tout simplement d’organiser une républi-que. C’est là que Monge reçut de Bonaparte, qui faisait voilevers l’Égypte avec quelques savants, l’avis de mettre en mou-vement les bâtiments de transport qui se trouvaient à Civita-Vecchia, etde partir sans délai. Vite il s’embarqua avec Desaix,rejoignit l’armée au mois de juin 1798, et put assister à la vic-toire remportée par la flottille française sur celle des Mam-louks. C’est pendant le trajet d’Alexandrie au Caire, par ledésert, que Monge donna l’explication du phénomène d’opti-que connu sous le nom de mirage C). Il accepta la présidence de
(') Le mirage est un phénomène produit par la réfraction; il résulte dela température élevée du sol, qui donne à l’air qui l’avoisine une densitémoins grande que celle des couches supérieures. Il fait paraître au-dessus