TROISIEME PARUE.
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Révolution. Dans son enthousiasme il écrivait àNapoléon: « Le20 mars doit nous faire remonter tout d’une haleine au l i juil-let. » Mais l’illusion ne fut pas de longue durée; c’est Carnotqui vint annoncer à la Chambre des pairs le désastre de Water-loo. Il eut à cette occasion une vive altercation avec le maréchalNey ; et l’on fut frappé du contraste qu’offrit la fermeté del’impassible conventionnel avec le désespoir du brave des bra-ves. Seul, au milieu de la consternation générale, Carnot son-gea aux moyens de salut. Il consentit encore à être un des cinqmembres du gouvernement des Cent-Jours, et quand il lui fal-lut accepter la capitulation de Paris, il fit les plus louables ef-forts pour hâter le départ de Napoléon , et le diriger vers l’A-mérique du Nord. Après la rentrée des Bourbons , Carnot seretira encore une fois à sa maison de campagne; mais il reçutl’ordre de se rendre en surveillance à Blois, comme inscrit surune liste de proscription qu’avait dressée son collègue Fouché.C’est alors qu’il se rendit à Varsovie avec un passe-port de l’em-pereur Alexandre ; puis il alla bientôt se fixer en Allemagne,soit que les démonstrations sympathiques des patriotes polo-nais eussent porté ombrage à l’autorité, soit que le climat luifût réellement contraire.
Carnot mourut le 2 août 1823,àMagdebourg, oû il avait passéles dernières années de sa vie.
Tel fut le philosophe austère , le parfait citoyen et le grandhomme que le général Dumouriez regardait comme le créa*teur du nouvel art militaire perfectionné par Napoléon , qui,sous ce rapport, ne lui a pas rendu la même justice.
Lors de la création de l’Institut, en 1793 , Carnot avait éténommé membre de la classe des sciences mathématiques, hon-neur mérité dont on le dépouilla, après le 18 fructidor , en leproscrivant ; mais si Napoléon Bonaparte lui succéda, non-seu-lement l’illustre général resta étranger à cet outrage ; après le18 brumaire il s’empressa de le réparer, et le ministre Carnot,de retour à la vie privée, rentra à l’Institut, dont il devint undes membres les plus actifs. U y lut un grand nombre de rap-ports et de mémoires; il publia, entre autres ouvrages impor-tants, son traité sur la défense des places', et ce traité, quele ministre de la guerre son successeur l’avait invité à com-poser, par ordre de l’empereur, devint un ouvrage clas-