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Grammaire et logique mathématiques élémentaires : A,B,C de l'X : suivies d'exercices choisis et de notices biographiques sur les géomètres et les astronomes illustres depuis Thalès jusqu' à Biot / par Ch. Redouly
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TROISIEME PARTIE.

On dit quelquefois, croyant sans doute faire un grand éloge:

« Cet homme parle comme un livre. »

L’illustre professeur était un de ces livres vivants dont les ;exemplaires sont rares et dont l’éditeur est partout : gloire à jcelui-là! il voit passer les éditions sans craindre la banque- ;route; l’univers est son prospectus. ;

« Cœur, tête et bras, <

Tout était peuple en lui » :

Voilà ce que dit Béranger de son ami Manuel. j

Cœur, esprit, stature, dans Arago tout était grand, tout |était beau. On aimait la voix mâle et vibrante du professeur.

« On ne se lassait pas de contempler la noble fierté empreintesur ce front qui ne rougit jamais que des humiliations de lapatrie (*). » '

Il me reste à parler du secrétaire perpétuel de l’Académie ;des sciences. j

Les personnes que le devoir appelle chaque semaine aux |séances de l’Académie disent, d’un commun accord, que la imort d’Arago a fait au sein de l’Institut un vide difficile à ;remplir : ne pourraient-elles pas dire qu’il était l’âme de sacompagnie ?

C’est là, en effet, qu’il analysait avec un talent incompa-rable les beaux Mémoires qui sont l’orgueil de la science; ic’est là qu’il prêtait au génie incompris le charme de sa jparole; c’est de ce foyer de lumières qu’il répandait dans le !monde les découvertes brillantes et les inventions utiles. j

L’assemblée la plus sage a besoin d’un Mentor. Arago fut ;celui de l’Académie des sciences, pendant plus de vingt ans. Il ;remplit à merveille cette mission difficile, et personne n’osa ;jamais méconnaître sa supériorité; mais la passion du déni- ,grement pouvant se faire jour sans que l’amour-propre en jsouffre, deux ou trois hommes qu’il avait écrasés dans la dis- j

(*) En passant devant la slatue élevée au savant, personne n’oublie lecitoyen; et s’il n’est pas donné à l’art de reproduire la noble fierté em-preinte sur son front, il fut du moins donné 5 M. de (lormenin de peindre,dans ses Études sur les orateurs parlementaires, un des plus beaux carac-tères de notre époque.