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INTRODUCTION.
CHAPITRE PREMIER.
barbare et du civilisé. Elle a pour auxiliaires l’Histoire proprement dite etl’Arebéologie.
L’Histoire, comme narration de faits, est sorlie de l’époque fabuleuse etpassée dans celle de l’exactitude et de la critique. Elle a reconstruit les évé-nements du passé, pour les principales civilisations, aussi loin qu’il étaitpossible de le faire sur les monuments. Mais en dépit des ouvrages qui nousparlent d’une philosophie de l’histoire, cette branche des connaissanceshumaines est encore loin d’être entrée dans la période inductive. La série desfaits historiques n’a pas été rattachée scientifiquement à des lois basées surcelles de l’évolution des peuples et de l’espèce. L’Histoire reste donc unesimple science descriptive. Sa plus haute formule est encore celle de Droysen l’aîné, « forschend zu verstehen, » s’enquérant afin de comprendre; maiselle n’a pas jusqu’ici saisi la loi de la succession des révolutions, des peupleset des races.
Au point de vue de l’induction, l’Archéologie n’est pas beaucoup plusavancée. Si l’on n’a l’idée claire d’une conception nouvelle que le jour où l’onéprouve le besoin de lui donner un nom, la science du « préhistorique » neremonte guère au-delà de trente années L L’archéologie est sortie de lapériode des fables; elle est entrée dans une ère d’observations positives et nenous entretient plus des travaux d’Hercule ni des paroles que les sirènes chan-taient. Mais elle a seulement ébauché l’étude des transformations successivesde l’industrie et de l’art et touché à peine à celle de révolution des cou-tumes et des institutions.
Pour ce qui concerne l’état présent des sociétés humaines, les observationscommencent seulement à se coordonner. La Statistique proprement numé-rique est fort ancienne, parce qu’elle est essentiellement arithmétique; maisquelle en était autrefois la valeur critique et quel fruit en retirait la véritablescience? Les Romains recueillaient des renseignements officiels sur les élé-ments de la richesse et de la population de leur empire. Plusieurs sièclesavant notre ère, les Chinois réunissaient des documents statistiques et avaientcadastré leurs terres. Mais en accordant à ces renseignements une exactitudeà laquelle ils n’atteignaient pas, le corps de données de la Statistique n’estencore qu’un ensemble d’observations, c’est-à-dire un tableau de faits. Lecomplément nécessaire est l’Économie politique, à laquelle il appartientd’établir les inductions. Or, l’Économie politique est seulement en cours dese constituer.