ÉPOQUE FABULEUSE. - L’ASTRONOMIE FAMILIÈRE.
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pouvait tomber dans une lunaison désignée; c’était ce Ichong-ki qui donnaitson nom à la lune. Il arrivait même quelquefois qu’une lunaison s’écoulait toutentière entre deux tchong-ki, auquel cas cette lune n’avait pas de nom propre :elle était alors intercalaire. Cette espèce de mécanisme était extrêmementpratique, et le solstice d’hiver, point de départ de l’année, étant fixé parl’observation, il n’y avait plus qu’à présenter l’échelle des lunaisons moyennesen face de l’échelle des tchong-ki , à peu près comme les deux échelles de larègle à calcul. Les tchong-ki figurent dans le Tcheou-chou, qui rend compted’événements du — XII e siècle. Ils sont joints à la règle des intercalationslunaires de Tcheou-kong, qui vivait à la fin du même siècle. Les noms employésalors pour les désigner sont encore ceux d’aujourd’hui et dans le même ordre '.
Lorsque, après la réforme du calendrier chinois par les missionnaires, lesdodécatémories de l’écliptique furent prises pour base, l’échelle des nouveauxtchong-ki , résultant des projections des signes zodiacaux sur l’équateur, setrouva forcément divisée en parties inégales. La belle et simple méthode desintercalations par la comparaison de deux échelles indéfinies, présentéesl’une devant l’autre, dut être remplacée par des moyens plus compliqués.La réforme apportée par la science de l’Europe était, dans cette occasion, unpas en arrière.
Dans les recherches, probablement d’origine fort ancienne, qui avaientfini par conduire à l’institution des tchong-ki, il paraît qu’un astronome du— XXII e siècle, nommé Koua-hiu-kiu, avait remarqué l’approximation ducycle de 19 ans 1 2 . On eut recours à celte période pour fixer la durée de lalunaison, et par suite pour régler les intercalations, ce qui montre commentles divers calendriers luni-solaires sont, par la nature du problème, ramenéspresque forcément à un même type. Le cycle de 19 ans était employé enChine par les astronomes qui, sous les Han 3 , reprirent l’étude des mouve-ments célestes. On l’appelait tchang ; mais on l’avait quadruplé, commeCallippe le fit chez les Grecs. On forma ensuite une période de 243 tchang,égale à 4617 ans juliens, qui avait l’avantage, en y ajoutant seulement troisquarts de jour, de donner un total de 1 686 360 jours, multiple de 60, etqui ramenait par conséquent aux mêmes dates les mêmes jours de la périodede 60 jours.
Les Chinois ont, en effet, un cycle de 60 jours, ayant chacun leur nom