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Première partie.
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ÉPOQUE FABULEUSE.

l’animisme DANS LE CIEL.

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faut qu’ils passent dans une autre, sous peine de s’éteindre. Aristote , accor-dant à chaque astre une intelligence qui lui permet de diriger ses mouve-ments 1 , développe la nécessité où sont les corps célestes de passer, pour senourrir, d’un lieu dans un autre 2 . C’était encore l’opinion de Posidonius , deSénèque et de Cléomède . L’image que les astres paissaient dans l’air, commedes troupeaux dans un pâturage, revient en maint endroit des auteurs clas-siques 5 . Tout en regardant les étoiles comme attachées à un ciel de cristal,Empédocles considérait les planètes comme libres et indépendantes h

Toutes les conceptions de celte époque supposaient dans les astres unespontanéité. Pour Xénophanes , ils s’allumaient le matin et s’éteignaient lesoir 5 . Mais l’opinion la plus générale était que le Soleil, à son coucher,descendait dans la mer 6 . Les Péruviens ajoutaient que ses feux desséchaientune grande partie du lit de l’Océan. Les habitants de Plbérie entendaientl’astre, dit Strahon 7 , lorsqu’il entrait dans les Ilots avec un sifflementanalogue à celui d’un fer rouge que l’on plonge dans l’eau. Aux îles de laSociété, les naturels de Borabora et de Maupiti , les membres les plus occi-dentaux du groupe, l’entendent jusqu’à ce jour entrer dans l’Océan 8 .

Pendant la nuit, le fleuve circulaire sur lequel la Terre reposait ramenait,par le nord, le Soleil des Grecs à la place où il devait se lever le lendemain.Telle est non seulement l’explication qu’on trouve dans les auteurs de laGrèce classique, mais aussi dans le Zend-Avesta. Les peuples les plus hardis,ceux du Pérou , par exemple, supposaient qu’il passe par-dessous la terre.Mais Virgile, dans son poème didactique des Géorgiques , hésitait à décidersi l’hémisphère qui nous est opposé reste toujours plongé dans les ténèbres,ou bien s’il reçoit la lumière du Soleil quand cet astre est absent pour nous 9 .Du temps de Pline, la doctrine que les astres passent sous la Terre rencon-trait encore des contradicteurs ,0 .

On croyait les peuples de l’Orient plus rapprochés du Soleil à son lever,et ceux de l’Occident à son coucher, d’une manière extrêmement sensible.Ctésias racontait que du haut de certaines montagnes de l’Inde on le voyait

i Aristoteles , Metaphysica, lib. xn, cap. 7, 8. — 2 kl., Meteorologica, lib. ii, cap. 1, 3,5,7.

— 3 * Callimachus, Delos, v. 176; Lucretius, De reram natura, lib. i,v.232; Virgilius, Æneis ,

lib. i, v. 608; Lucanus, Pharsalia, lib. i, v. 415; lib. ix, v. 313; Achilles Tatiiis, Isagoge in

Arati phaenomena, cap. 5. — i Empedocles , Sphaera, édit. Sturz, 1805, 1.1, p. 335. —

8 Plutarchus, De placitis philosophorum, lib. i, cap. 24 ; Origenes , Philosophumena. —

6 llomerus, Ilias, lib. vin, v. 485.— 7 Strabo , lies geographicae, lib. ni, cap. 1. — 8 Ellis,

Polynesian researches, 2 ntl édit., 1832, vol. III, p. 170. — 3 Virgilius, Georgica , lib. i,

v. 247. — 10 Plinius, Historia naturalis , lib. ii, cap. 97.