médaille d’argent comme récompense spéciale de son zèle et de sonardeur au travail.
Il était donc bien préparé à suivre avec fruit les cours de l’Universitéde Bruxelles, où il se fit inscrire, comme étudiant de la Faculté dessciences, en 1837. Mais l’appât des diplômes le préoccupait fort peu,comme plus tard l’appât des honneurs et des distinctions le laissatoujours indifférent, et, soit préparation insuffisante aux examens, soitdisposition d’esprit défavorable, il échoua la première fois qu’il seprésenta devant le jury. On rapporte que c’est en botanique surtout qu’ilfut médiocre, science avec laquelle il fut cependant très familier par lasuite, comme il le montra en maints endroits de ses ouvrages.
Peinés de son insuccès, ses parents le rappelèrent immédiatement àMons , où il put se livrer en toute liberté à ses chères études astrono-miques et à ses pérégrinations vagabondes dans la campagne, ayantl’esprit toujours en éveil, et montrant dès celte époque des facultésd’observation peu communes.
11 s’était construit de ses propres mains un petit observatoire, qu’ilavait installé sur le mont Panisel, voisin de l’Ermitage. Cet observatoireconsistait en une cabane en bois, renfermant un cercle mural, un instru-ment des passages et une lunette montée parallactiquement. Les tubesde ces divers appareils étaient en zinc; les lentilles — non achroma-tiques — avaient été achetées à Paris . L’installation était bien primitive,mais tout imparfaite et grossière qu’elle fût, elle témoignait d’un goûtbien prononcé pour la science du ciel chez un jeune homme de 18 ans.
Houzeau écrivait déjà à ce moment de sa vie. Ses débuts commeauteur datent de 1838, et c’est comme journaliste qu’il prit tout d’abordla plume. De 1838 à 1841, il publia dans l 'Émancipation, journal quiparaissait à Bruxelles , cinquante-quatre articles d’une certaine impor-tance et d’autres moins étendus, sous la signature J.-C.
Ces articles avaient trait surtout aux perfectionnements des artsindustriels, et si l’on considère la date où ils furent écrits, on ne peut sedéfendre de faire la remarque que leur auteur savait voir dans l’avenir.
Les principales questions examinées comprenaient:
a) L’instruction des manouvriers; — Les établissements insalubres;
— La conservation des bois; — La combinaison de la vapeur et desvoiles sur les navires; — Le travail des enfants dans les manufactures;
— L’emploi de l’air chaud comme moteur; — Le percement des isthmesde Suez et de Panama ; — L’application de la géologie à l’agriculture;
— La taxe uniforme des lettres;