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Seconde partie.
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do la Nouvelle-Orléans . Le rêve caressé par Houzeau pendant plus dequinze années était enfin réalisé.

En s’embarquant pour les États-Unis , notre compatriote croyait bien,comme nous l’avons dit précédemment, n’y rester que quelques mois.Or, on sait que son séjour par delà l’Atlantique se prolongea durantvingt années.

C’est lui-même qui va nous faire le récit de sa vie pendant celtepériode, récit que nous emprunterons à des sources diverses, mais princi-palement aux lettres qu’il adressa à Eug. Van Bemmel, le directeur dela Revue trimestrielle.

Avant son départ, il avait promis d’envoyer régulièrement à cettepublication des correspondances sur l’état e et les mœurs des

Ëlats-Unis. On connaissait encore assez peu, à cette époque, les hommeset les choses de la grande république américaine; aussi une telle pro-messe, faite par un esprit supérieur et doué de connaissances étendueset variées comme l’était Houzeau, pouvait-elle à juste litre être consi-dérée comme une bonne fortune pour le recueil auquel elle s’adressait.

Sa première lettre est datée du 15 mars 1858. Il expose tout d’abord,en quelques lignes, le but qu’il compte poursuivre : « Une civilisation,dont la forme est différente de la civilisation européenne, dit-il, se déve-loppe à grands pas sur le rivage occidental de l’Atlantique. La missionde la presse est de refléter l’aspect du monde contemporain, et c’est parconséquent un devoir pour elle d’accorder une plus large attention aumouvement américain. Jusqu’ici, les journaux du continent et même lesgrands journaux d’Angleterre se sont contentés de donner place, detemps à autre, à quelques nouvelles sommaires, qui marquent tout auplus le progrès matériel des événements. Mais, dans une société fortdifférente de celle où l’on est habitué de vivre, ces événements n’ont pasla même signification ni la même portée. Il faut introduire le lecteureuropéen dans celte société étrangère, dont il ignore à la fois les élémentset les détails. Nous entreprendrons de remplir régulièrement cette tâche,et, sans entrer dans aucune discussion, nous exposerons en simplehistoriographe les principales questions du moment. Attaché à l’Europe par l’amour impérissable de la patrie, aimant les États-Unis pour lebien-être matériel et moral qu’ils déversent sur tous leurs enfants, nousn’avons pas pour but de soulever une rivalité entre les deux continents,mais bien de faire connaître l’Amérique à l’ancien monde. »

Houzeau tint fidèlement la promesse qu’il faisait dans ce préambule.

De 1858 à 1868, il adressa vingt-cinq correspondances à la Revue