— XXXV —
Tartarie. Ils prennent aussi le voyageur au dépourvu, effrayent les che-vaux, fouettent la poussière, abattent les oiseaux. Ils produisent autantd’effet par leur soudaineté que par leur violence.
» Je ne m’explique pas la brusquerie de ces ondes. Ce qui m’étonnen’est pas l’existence de coups de vent abrupts dans ces grandes terresnues. Mais comment le maximum de vitesse, et par conséquent de pres-sion, touche-t-il de si près à l’air tranquille? La compression devrait serépandre peu à peu au-devant de l’onde, et créer un état de transition.Par exemple, tout est calme, d’un calme parfait. Tout d’un coup, un peude poussière se lève, et le vent vous arrive. Il ne met pas dix secondes,parfois pas quatre secondes, à atteindre son maximum. Ce maximum estde la force des vents qui brisent les parapluies et jettent les pans desredingotes au visage. Admettons que la soudaineté porte à exagérer.Toujours est-il que ces fouets de vent sont capables de soutenir au moinsun demi-millimètre de mercure (les plus grandes tempêtes soutenant3 à 4 millimètres), et comment alors y passe-t-on presque sans transi-tion, la différence s’établissant dans une zone qui doit avoir au plus50 mètres de largeur et parfois 25 mètres à peine?
b Presque toujours, j’ai vu ces bourrasques s’effacer en deux à troisminutes; une seule fois, l’une d’elles nous a amené du gros temps. Maistoujours il y avait d’épais cumuli, et disparition du soleil, avec obscur-cissement remarquable du paysage. Donc, ce ne sont pas des ventsd’aspiration ou centripètes, mais des vents d’expiration ou centrifuges.C’est la cascade d’air refroidi et condensé qui découle de la colonne miseà l’ombre. Toutes les bourrasques que j’ai vues jusqu’ici aux États-Unis étaient des coups d’air froid; je m’y attendais peu dans la patrie deFranklin, qui a le premier reconnu les coups d’air chaud. »
C’était aussi le moment où la fameuse comète de Donati brillait d’unvif éclat dans le ciel. Houzeau l’observa pour la première fois le 19 sep-tembre. « C’est, dit-il, du 5 au 10 octobre que je l’ai trouvée le plusbelle. Elle était alors dans le voisinage d’Arcturus . Le 4 octobre, la queuepassait sur a et ç Bootis, sans les cacher. » Puis, à propos d’uneremarque qui lui avait été faite quelque temps auparavant, dans unelettre de Belgique , il ajoutait :
« Que ce n’est pas la comète de Charles V , c’est ce que je savais dureste dans la prairie. Maintenant que le temps où l’on avait prédit celle-cicommence à se passer, chacun s’écrie : « Il était ridicule de l’attendre. »Mais combien l’ont dit avant le temps fixé! Je suis donc un peu fier devous renvoyer à un numéro du National des premiers mois de 1857,dans lequel je rejetais carrément l’idée que les comètes de 1264 et 1556