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Seconde partie.
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XXXVIII
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n’offrant pas encore beaucoup de gravité, il put effectuer celle excursion,qui dura dix semaines.

Au retour, il eut l’occasion de favoriser la fuite d’une jeune esclave,non sans exposer sa vie à maintes reprises dans celte aventure, et enpassant par mille péripéties dont il a fait un récit émouvant dans unelettre à la Revue trimestrielle (1). L’histoire est à la fois louchante etdramatique, et, en la lisant, on a peine à se figurer, tellement les faitstiennent du roman, qu’on se trouve en présence d’un épisode réel, auquell’imagination du narrateur n’a absolument rien ajouté. Houzeau revintensuite à San-Antonio; mais, après un mois de repos, il se remit enroute pour une seconde campagne géologique, qui devait le conduirevers le Rio Pecos . C’était dans les premiers jours d’août.

« J’eus à peine fait cinquante lieues, raconte-t-il, que je fus rappelébrusquement. L’état politique du pays devenait plus grave chaque jour;le commerce était anéanti par le blocus; toute espèce d’entreprises étaientsuspendues. Je rentrai encore une fois dans ma petite habitation decampagne. Les Indiens, toujours plus audacieux, pillaient les fermes, ledrapeau de l’Union à la main. De toutes parts il n’était bruit que demeurtres, d’incendies, de déprédations; et les selliers de la frontièreréclamaient en vain du gouvernement confédéré l’occupation des fortsgardés autrefois par les troupes des États-Unis .

» En septembre, un de mes voisins vil enlever de ses pâturages ( ranges )un troupeau de chevaux d’une grande valeur. I! organisa aussitôt unepoursuite des rouges, poursuite qui, poussée promptement et bien con-duite, devait amener le recouvrement des animaux. Son désespoir metoucha; ses cris: « Mes chevaux, mes chevaux! » répétés avec persis-tance, me déterminèrent à accompagner sa petite expédition. En princi-pal intéressé, le sellier dépouillé, M. Harris, s’élait institué capitaine,titre qui fut ratifié d’une commune voix. Dans sa compagnie, nous étionssept hommes, bien armés, pourvus de vivres, mais très inégalementmontés.

» Vers la tombée de la nuit, nous aperçûmes pour la première foisquelques Indiens. C’étaient trois hommes à pied, qui, dès qu’ils nouseurent reconnus, se mirent à fuir de l'autre côté d'un ravin. Feu! feu!cria le commandant. C’était conscience;les pauvres rouges ne songeaientqu’à se sauver à toutes jambes. Feu cependant! feu sur les fuyards, depeur de passer pour un lâche! Je pointai aux étoiles de la Grande Ourse,

(t) Volume de juillet 1862, pp. 174 à 195.