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sur les plus sages combinaisons. Mr. Thiers appellela bataille d’ Aspern une des plus sanglantes du siècle,qui commence la série des abominables carnages desderniers temps de l’empire, où l’on détruisait en unejournée l’équivalent de la population d’une grande ville.Il y a certes de quoi s’étonner: on tirailla dans cettecampagne à coups de canons , d’après l’expression spiri-tuelle du Général Valentini. A Marengo, les Français n’avaient que 41 pièces, selon les mémoires du duc deRaguse; à Wagram 700 pièces vomissaient la mort dansles rangs ennemis; à Marengo, le chef de l’artillerie avaittoute la peine possible à réunir dix pièces dans unebatterie, même après l’arrivée de la division Desaix;sur le champ de bataille de Wagram, nous rencontrons100 pièces réunies en une batterie, sur une ligne de2000 mètres; à Marengo, 28,000 Français arrachent lavictoire à 40,000 Autrichiens; à Wagram, 300,000hommes et 1,300 pièces répandus sur environ 3 lieuesde terrain présentent un aspect que le monde n’avaitpas encore vu.
Mais ce n'était plus l’ennemi seul qui restait àbattre, c’était la nature des choses qui voulait être vain-cue. L’équilibre des forces était placé ailleurs ; on avaittrouvé le point où l’on devait placer le levier, et il se ren-contra plus d’un Archimède pour le manier adroitement.Ou il fallait un déploiement de forces, tel qu’en 1809,on était à l’entrée d’une nouvelle ère. La France ,les grands capitaines, les émules de la gloire militairede Napoléon , avaient compris la leçon, et furent assezdociles.« pour en vouloir- profiter. L’empereur seul s’yméprit, il n’y voulait point reconnaître les causes quicontribuèrent si fortement à précipiter le cours des