proprement dit, nom supposé, composé de toutes pièces et dont lesformes varient à l’infini. Il convient de mentionner spécialementaussi les noms propres dans lesquels des voyelles ou des consonnessont supprimées et remplacées par des tirets : (le duc de Ch rt—s ,Chartres , — Gué — é — é, Guéméné, — duc de S— ss x, Sussex,the K — ng, the King.) Cet artifice, assez rarement employé enFrance , fut très usité dans les productions anglaises; c était unesupercherie enfantine ayant pour but d’éluder certaines dispositionsde l’ancienne Lan> against Libels, qui ne poursuivait les écrits diffa-matoires ou injurieux qu’autant que les personnages visés y étaientnommés « en toutes lettres ».
Telles sont les observations et notions générales qu’il semblait utilede rappeler au début d’une étude bibliographique sur les livres àclef. Cette étude, la plus étendue qui ait paru sur ce sujet, a été pré-cédée d’un certain nombre de notices partielles qui m’ont rendu degrands services; il est donc bien juste, en même temps qu’intéressant,d’en donner ici la courte description que voici :
i° Dans son excellent ouvrage intitulé : Mélanges tirés d'une petitebibliothèque (Paris, 1829. In-8°), Ch. Nodier a consacré deux articlesfort curieux (Chap. îv et vin) à des livres à clef;
2° C’est encore Ch. Nodier qui, dans la i re série du Bulletin dubibliophile et du bibliothécaire (Paris, J.-Techener , octobre 1834), apublié deux articles aussi spirituels qu’ingénieux sur les ouvrages àclef, articles qui ont servi de point de départ et de guide aux biblio-graphes qui ont traité depuis le même sujet;
3 ° Ce serait manquer d’exactitude que de ne point citer ici le Cata-logue de la bibliothèque dramatique de M. de Soleinne (Paris , 1843à 1845. 11 parties in-8°), rédigé si consciencieusement par le regrettéM, Paul Lacroix . Le tome II et surtout le tome III de ce précieuxrépertoire théâtral contiennent (notamment à la section « des piècessatiriques et libres » ) une quantité de renseignements sur les ou-vrages dramatiques à clef;
v 4 0 M. Gustave Brunet qui, à l’exemple de G. Peignot, semblen’avoir voulu demeurer étranger à aucune branche de la bibliogra-phie, s’est occupé, à plusieurs reprises, des écrits allégoriques.
C’est d’abord dans le Bulletin du Bibliophile (année 185 3 ), qu’ilinsère une notice « De quelques livres satiriques ou allégoriques etde leurs clefs ». Ce travail de neuf pages ne porte que sur une qua-rantaine d’ouvrages cités sans grands développements;
Puis dans le Dictionnaire de bibliologie catholique de la collection