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Tome premier.
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XV
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PRÉFACE

XV

énigmatiques, que s’évertuaient à employer les vieux alchimistes, lesadeptes du grand oeuvre et tous ces rêveurs du temps passé, dont lesobscures productions remplissent les pages du Catalogue Ouvarojff«Sciences secrètes», Moscou , 1870, in-4), du Catalogus librorurnphilosophicorum hermeticorum , de Pierre Borelle (t656), et de laBibliotlieca magica et pneumatica de Th. Graësse (1843) ?

Toutes ces vieilleries, indignes des hommes de science, pourraienttout au plus séduire les rares partisans de l’ occultisme moderne; maiselles n’ont rien à voir avec l’histoire littéraire proprement dite, et nesauraient que former en cette monographie un hors-d’œuvre aussiencombrant qu’inutile.

Les Recueils d'énigmes, logogriphes, etc. (j’en connais plus de cin-quante), la surchargeraient aussi sans profit aucun. Ces jeux d esprit,dont on sait la valeur littéraire, sont tous accompagnés d’une clef im-primée; les amateurs de ces sortes de productions n'ont donc pasbesoin de recourir à une bibliographie spéciale pour trouver les solu-tions qui leur échappent.

Quant aux Bibliothèques imaginaires, ce n’est pas sans regrets quej’ai dû les éliminer, car ces livrets satiriques rentrent bien, à tous lespoints de vue, dans la catégorie des productions allusives ou crypto-nymiques. Mais il était bien difficile de les introduire ici sans grossirdémesurément cet ouvrage. D’un côté, leur nombre est assez considé-rable, et, de l’autre, leur nature est telle, qu’il faudrait presque les re-produire intégralement, si l’on voulait donner une clef claire etintelligible des allusions malicieuses qu’elles renferment. On peut sefaire une idée de la place qu’elles nécessitent en parcourant l’excellentessai, très abrégé cependant, que leur a consacré M. G. Brunet à lasuite du Catalogue de la Bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Vie.tor, etc., de Paul Lacroix (pages a 9 5 à 406). Les Bibliothèques ima-ginaires fourniraient à elles seules la matière d’un volume; je les aidonc momentanément sacrifiées en me promettant d’y revenir, avectoute l’étendue convenable, dans une prochaine publication. ^

Je n’avais pas les mêmes motifs de m’abstenir pour les livres où 1 onne rencontre parfois qu’un ou deux noms supposés ; je veux parlerde ces volumineux recueils de sonnets, stances et madrigaux, dans les-quels nos vieux poètes ont rivalisé de zèle et trop souvent de fadeur pourcélébrer les objets de leurs amours plus ou moins platoniques; mais,pour la plus grande commodité des recherches, je les ai relégués à lafin de l’ouvrage, dans un chapitre à part, sous cette rubrique spéciale :Les Maîtresses des poètes.