Band 
Tome premier.
Seite
65-66
JPEG-Download
 

LES LIVRES A CLEF

66

6s

Tillien.Voy. Monsieur Nicolas, t. VII,page 1897.

Page 2785. Blançay est un petitroman de Gorgy . Quant à Justine,c’est l’horrible roman du marquis deSade , lequel venait de paraître en1794. (« Bibliographie de Restif de laBretonne », p. 355-3Gi).

ANNÉE (L’) GALANTE ou lesintrigues secrètes du marquis del***. Cologne . P. Marteau. S. d.,petit in-12, et Londres (Paris ), 1785,petit in-12. Diverses réimpressions.

L’auteur de cet ouvrage galant estle marquis de L’Etorière, qui en esten même temps le principal acteur.« Le héros de ces aventures où il y adu vrai (dit, en estropiantlenom, le ca-talogue Leber, n° 2,280), estlemarquisde L’Etuvières, officier aux gardes,doué de qualités éminentes et qui passe,dans un certain monde, pour l’hom-me le plus capable de son temps. »— Le« Dictionnaire des anonymes » secontente de dire, avec plus de réserve,que le marquis de L’Etorières, hommefort à la mode vers 1760, est souventcité dans l’ouvrage de Dugast deBois-Saint-Just. « Paris , Versailles, etles Provinces au xvin» siècle.» — EnfinEugène Sue , qui sous le titre « Lemarquis de Létorières » a publié uncharmant roman, met en scène cemême personnage avec beaucoup deconvenance. — U serait curieux derechercher, dans une étude spéciale,si le triomphant marquis ne s’est pastrop vanté dans son « Année Ga-lante. »

ANNÉE (L’) MDCCLXXXIX oules tribuns du peuple, pièce en troisactes et un prologue (en vers), parNicolas de Bonneville. Paris . De l’im-primerie du cercle social. S. D.(23 juin 1790), in-8.

Nicolas de Bonneville , bien que pe-tit neveu de Racine, a fait là unepièce non moins médiocre au point devue du style que ridicule comme con-ception. « J’ai voulu peindre, dit-il,sous le nom de Tribuns, tous ceuxqui, par leurs travaux, leurs veilleset leur génie, ont concouru à notrerégénération : La majorité de l’Assem-blée nationale, les électeurs de Paris ,les Représentants de la Commune, lesanciens Gardes-françaises, les in-domptables écrivains qui ont servi detoutes leurs forces la cause commu-ne. » La pièce est une imitation d’£s-ther appliquée aux événements poli-tiques. Esther , c’est la reine des Francs;Assuérus, le roi des Francs, Louis XVI ;Aman figure l’aristocratie. Quant auxtribuns, l’auteur a pris soin de les in-diquer. C’est d’ailleurs le même plan,la même marche, le même dénoû-ment, et ce sont souvent les mêmesvers et les mêmes expressions quedans YEsther de Racine.

ANN’QUIN BREDOUILLE ou lepetit cousin de tristram-shandy,œuvre posthume de JacquelineLycurgues, actuellement fifre-majorau greffe des menus Derviches, parVauteur de Blançay. (Jean-ClaudeGorgy). Paris , 1791-1792, 6 vol.in-18, figures.

Ouvrage très singulier et difficile àdéfinir, dit avec raison la « Bibliogra-phie Gay. » Par bonheur, toutle mys-tère de cette étrange production estdévoilé à merveille dans l’excellent ar-ticle que M. Ch, Monselet a consacréà Gorgy (Oubliés et Dédaignés — T.II. p. 47 à 87). Ami quin Bredouille estun type allusif comme le John Bull des Anglais , ou comme notre JacquesBonhomme à nous. Il quitte son vil-lage pour se rendre à la grande villede Néomanie (Paris ), accompagné parun petit flagorneur nommé Adule et