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LES LIVRES A CLEF
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couplets, suivant ce dernier, au- jraient pour véritable auteur Joseph ;Saurin. I
Composés en 1709,ces tristes vers jn’ont pas été admis dans toutes les ;éditions des oeuvres de J.-B. Rous- jseau ; ils se trouvent dans un sup- jplément de l’édition de Bruxelles ;(1732), puis dans celle de Londres j(1734) ; dans celle de Londres (Pa- ;ris, 1747), ils sont gravés à l’imi- jtation de l’écriture, avec la musi- jque ; on les voit encore dans divers |volumes du xvnr siècle, notam-ment à la fin de 1 ’ « Histoire saty-rique de la vie et des ouvrages deM. Rousseau », parGacon, et dansla belle édition de Lefebvre.(Paris , 1820, T. 11 , p. 411, 423).
Personne n’ignore combien de dis-grâces ces couplets attirèrent aumalheureux Rousseau ; ils se compo-sent, comme on sait, de trois séries ;Rousseau est p^ut-être bien l’auteurde la première, mais, malgré l’arrêtdu Parlement de Paris , en date du7 avril 1712, il est permis de doutertrès fort qu’il ait composé les deuxautres. C’est du reste une des ques-tions d’histoire littéraire les plus in-téressantes duXVIlI 0 siècle; la lumière11 a point encore été faite sur cesujet qui mérite une étude toute spé-ciale.
Quoi qu’il en soit, les Couplets ren-trent bien dans la catégorie des Livresa clef; les personnages visés par lelibelliste figurent tantôt sous desuomsanagrammatisés, tantôt sous devéritables pseudonymes. Voici d’ail-leurs la clef des trois séries de cou-plets, reletéesurun exemplaire an-noté par un amateur du XVIIt 0 siècle :Niodis, c’est Dionis;
Malotte, — Lamotte, trappiste défro-qué ;
Dinboin , — Boindin ;
Rausin, — Saurin ;
La Gangre, — Lagrange ;
Marigret, — de Grimarest ;
Chandet, — Danchet;
Chorebrune, — Rochebrune ;
Roitelet, —Leroy, conseiller au Châ-telet ;
Bécrillon, — Crébillon ;
Memonet, — l’abbé Mommenet ouMaumenet ;
Guarenet, — l’abbé Raguenet ;
Liviers, — de Villiers ;
Frissane, — de Francine ;
Edouard, — Houdart de la Motte ;Hantereau, — Autreau ;
Bellesogne, — l’abbé Bragelogne ;Mileris, —Lemeris, médecin;
Repinet, — Permet, fameux partisan ;Zepé ou Xepé, — de Pezé ;
Lerbise, — Berlisse, conseiller à Metz ;Vassaint, — Saint-Vast.
Tout cela n’est pas difficile à dévoi-ler; voici qui l’est davantage: « Leréchappé des prisons, qui toujoursréforme et critique », c’est le sieurRousseau, huissier de la Chambre quiavait été mis à la Bastille; — « L’é-denté petit vieillard, quart de savant,grand babillard », c’est le sieur Paris ,alors âge de 70 ans » ; — L’insenséqui de poison ose accuser sa belle-I mère », c’est encore Boindin ;— « ZeI Fantôme hideux, à cheveux plats, àj longue face », c’est l’aigébriste Geof-: froy ; — « Le petit avocat Rago -| tin, plaidant comme prêchait Cotin »,
; c’est Pursyet; — « Le jeune adroiti escroc », c’est La Faye, qui cherche à; duper mainte grue, la comtesse dej Verrue.
I Ces indications sont recueillies sur: un exemplaire annoté et complété pari une main de l’époque. Le même an-I notateur a rempli les mots et les versi laissés en blanc dans le texte ; maisj il s’y trouve des choses si ordurièresi et de telles infamies qu’il ne sauraiti être question de transcrire ici les cou-; plets ainsi complétés,j Cet exemplaire serait fort utile pour