LES LIVRES A CLEF
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que retentissement au commencementde ce siècle. Elisabeth n’est autre quePrascovie Lopouloffqui, vers la fin durègne de Paul I er , partit du fond dela Sibérie , seule, à pied, presque sansargent, pour venir demander à l’em-pereur, dans Saint-Pétersbourg , lagrâce deson père exilé depuis quatorzeans. « La véritable héroïne, dit M m 'Cottin, est bien au-dessus de la mien-ne, elle a souffert bien davantage. »En effet, dans le roman de M me Cottin,Elisabeth, après avoir sauvé son père,épouse le jeune Smoloff,qui l’a secon-dée dans ses périlleuses tentatives. Enréalité, Prascovie, qui ne connutd’autre sentiment que la tendressefiliale, mourut dans un couvent, en1809, des suites de ses longues souf-frances. Son histoire véritable a étéracontée par le comte Xavier de Mais-tre , sous le titre de « la Jeune Sibé-rienne », à la suite des « Prisonniersdu Caucase » (Paris , 181 5 , in-18).
ELLE ET LUI, par George Sand .
— Paris, Hachette , 1859, in-12,3 fr. 50.
LUI ET ELLE, par Paulde Musset.
— Paris, Charpentier , 1870, in-12,3 fr. 50.
LUI, roman contemporain, parM 1 " 6 Louise Colet (née Revoit). —Paris , Librairie Nouvelle, 1859,in-12, 3 fr.
Ces trois ouvrages, difficiles à réuniraujourd’hui, onteuplusieurs éditions.Ces écrits, œuvres de vengeances per-sonnelles, causèrent, à cette époque,un véritable scandale dans le mondedes Lettres , chacun des auteurs fai-sant à la fois preuve de cynisme et debrutale méchanceté à l’égard de sesadversaires. Bornons-nous à rappelerqu’ils furent publiés dans l’ordre sui-vant : M 1 ”' George Sand ayant inséré,en i 85 g, dans la « Revue des Deux-
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Mondes», sous le titre d'Elle et Lui ,le récit de ses amours avec M. Alfredde Musset , qu’elle ne présentait passous un aspect flatteur, M. Paul deMusset prit la défense de son frère etriposta par le second ouvrage : Lui etElle, publié, la même année, dans le« Magasin de Librairie» ; fort peu detemps après, également en 1859,M™ Louise Colet intervint dans ledébat et fit paraître le troisième récit,Lui, dans le « Messager de Paris ».
L’émotion fut vive dans le public etles critiques ne ménagèrent pas auxtrois auteurs l’expression des senti-ments que leur inspirèrent ces scan-daleuses autobiographies. On peut s’enconvaincre en relisant les articles pu-bliés à ce sujet par M. Cuvillier-Fleury,dans le« Journal des Débats » (27 no-vembre 1859), parM. H. Babou, dansla « Revue contemporaine » (ii août1859), dans la « Correspondance litté-raire », de M. Ludovic Lalaune (t. 111 ,p. 197-222, et t. IV, p. 121 ), surtoutenfin en consultant le petit livre inti-tulé « eux et elles », Histoire d'unscandale » (Paris, Poulet-Malassis ,1860, in-12, 1 fr.), dans lequel M. A.de Lescure a rétabli la vérité des faitset résumé l’histoire de cet étrangeprocès.
Ces trois volumes, déjà très recher-chés et qui le seront bien plus encorepar la suite, ne contiennent pas lesnoms propres des personnages misen scène ; les noms fictifs des mêmespersonnes diffèrent dans les trois ou-vrages ; en voici la clef composée àl’aide de notes recueillies de part etd’autre, notamment dans la « Revueanecdotique et dans le « Bibliophilefantaisiste » :i° Elle et Lui :
Laurent de Fauvel, — Alfred de Mus-set ;
Thérèse Jacques, — M™ GeorgesSand .
2° Lui et Elle :