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Tome premier.
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323-324
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LES LIVRES A CLEF

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les discussions que Reuchlin eut àsoutenir avec un juif converti appeléPfefferkorn , au sujet de la véritableponctuation hébraïque; il se peut mê-me que les « Epistolæ claroruin vi-rorum ad Reuchlinum Phorcensem( 1 5 14) », aient donné la première idéedu titre. Toutes ces lettres sont adres-sées à Ortuin Gratius (ou Graës), àDeventer , homme qui était loin d’êtreaussi ignorant qu’on pourrait lesupposer, mais qui fut choisi pourplastron à cause de son style préten-tieux et plein d’obscurités, en mêmetemps que comme l’un des adversairesles plus décidés du progrès. » Dès lespremières éditions, le succès de celivrefut immense et une circonstance quine contribua pas peu à lui assurerune large et rapide circulation enEurope , c’est que, dès 1 5 17, il fut misà l’index par une bulle spéciale duPape. « Parmi toutes les satires quiparurent au commencement du sei-zième siècle, il n’en est point où lasuperstition, l’esprit de controverse, lasoif de dominer, l’intolérance, la dé-bauche, la turpitude, l’ignorance et lalatinité barbare des moines mendiantset des scolastiques soient ridiculisésavec plus de finesse que dans ces let-tres. Bien que les hommes obscurs yparaissent sous l’aspect de véritablescaricatures, on y remarque cependantune foule de détails dont il est impos-sible de méconnaître les originauxdans le type général du siècle et qu’onreconnaîtrait encore mieux si l’onpouvait ressusciter tant de noms ou-bliés, saisir toutes les allusions,comprendre le sel de toutes les plai-santeries. Les hommes obscurs quiécrivent ces lettres étaient des indivi-dualités alors connues et qui se trou-vaient percées des traits les plus acé-rés du ridicule ; mais qui pourraitnommer aujourd’hui les personnagesréels affublés de ces noms bizarres :Thomas Langschneiderius , Bacculau-rius Theologiæ formatus, quamvisindignus; Magister Joannus Pellifex;

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Bernhardus Plumilegius; Joannes Can-trifusor ; Nicolaus Caprimulgius ; Cor-nélius Fenestrificus;Hiltebrandus Mam-macens ; Matthceus Mellilambius ;Joannes Lucibularius ; Magister Gin-gœfusling; Lyra Bunstchuchmacherius;Wendelinus Pannitonsor; Joannes deAltâ Plated; Joannes Pileator ; Bar-tholomœus Kuckuck ; Henricus Cribe-linioniatius; Simon Procoporius; Joan-nes Cochleariligneus ; Rupertus Cucu-lus; etc., etc. ?

Tous ces noms satiriques et allusifsvisaient des individus qu’Erasme dutassurément reconnaître, lui qui riaitàse tordre et à faire crever un abcès enlisant ces fameuses lettres, dans les-quelles la plus large part de ridiculeétait faite au dominicain et inquisiteurJacques Hoogstraet (ou Kochstraet).

Ces lettres, aujourd’hui bien ou-bliées, en France surtout,mériteraientde faire l’objet d’une étude spéciale;le courageux auteur qui l’entrepren-drait pourrait utilement consulter1 ’ « Analecta Biblion » de Du Roure(t. 1 , p. 287), 1 ’ « Edinburgh Review »(mars 1 83 1 ), le « Rétrospective Re-view » (t. V, p. 56-70), Floëgel, « Ge-schichte der Komische Litteratur »(t. Il, p. i 58 -i 6 o) et Graësse, « Lehr-buch einer allgem. Litt. » (t. II,p. 3 et 363 ).

EPISTOLÆ SELECTIORES PHI-LIPPI MELANCHTONIS. Editæ aCaspare Peucero. Witebergœ, 1565.Ce volume ne contient que la pre-mière partie. Les cinq autres ontété publiées en 1570, 1590, 1640,1646 et 1647. Toutes ont été réim-primées dans les œuvres complètesdu célèbre réformé.

On trouve une clef, d'ailleurs fortincomplète,de cette correspondance sicurieuse pour l’histoire de la Réformedans un ouvrage fort oublié de Chré-