LES LIVRES A CLEF
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fait, il est vrai, de nombreux volumesde commentaires sur son roman, maistl ne faut désespérer de rien. L’édi-teur de 1713 a ouvert la marche, et deshommes d’esprit et de savoir, quil’ont suivi, n’ont pu résister à la ten-tation de soulever à leur tour quel-ques lambeaux du voile. S’il parled’un prédicateur poli , c’est évidem-ment de l’abbé Cotin ou de l’abbé Cas-saigne qu’il est question ; une prési-dente qui est une heure à mettre sesnanchettes, c’est la présidente Tam-bonneau ; un homme qui s’était mis enr cputation par la bagatelle mélodieuse,c est Benserade , le même qui seradésigné plus loin sous le titre degrand privilégiographe de France .Lorsqu’on parle d’un mauvais poète del’autre cour, il s’agit de Boisrobert ;lorsque Furetière invoque l’opiniond’un de ses amis en faveur du sonnet,eomment ne pas reconnaître là Des-Pféaux ? Ulntendant des coquilles deNeptune, c’est Fouquet; Polymathie doit être M Ila de Scudéry, et cet hommedisgracié de la nature, dont elle dé-fient amoureuse, ne saurait être autreque Pélisson ; Polyphile, c’est Ninonct le danseur qu’elle aime estPécourt;Collantine est la comtesse de Cressé;v °llichon, c’est le célèbre Rollet;Ndythophilacte est un composé du pa-rasite Montmaur et du poète Maillet ;Charroselles, ce malheureux auteurqui ne trouve pas un libraire, c’estUfidemment Charles Sorel, sieur debouvigny, historiographe de France ,Un des écrivains les plus féconds duXvne siècle qui publia une quaran-t£ Une d’ouvrages, dont plusieurs eu-re nt de nombreuses éditions et furenttraduits en plusieurs langues. Je n’aiP as cru devoir m’arrêter beaucoup àces hypothèses, ingénieuses, il estyr®'» mais qui ne sont que des hypo-thèses. »
■Ajoutons que J.-M. Quérard et son^vant éditeur, M. G. Brunet, ne par-agent pas la manière de voir de M. P.annet. Pour eux, le 0 Roman bour-
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geois est une satire continuelle, oùl’allusion perce à chaque instant letissu du récit. Les noms des person-nages Pancrace, Javotte, Nicodème ,Jean Dedout, Philipote et autres,déguisent des individus réels quiavaient posé devant l’auteur, maisque l’obscurité a dérobés aux faiseursde clefs. » Je suis pour ma part, en-tièrement de cet avis.
ROMAN (LE) COMIQUE, parPaul Scarron. — 1" partie : Paris ,Toussaint-Quinet, 1651 ; 2 e partie :Paris , Guillaume de Luynes, 1657 ;2 vol. in-8, front, gravé. Editionoriginale extrêmement rare ; seule,la Bibliothèque de l’Arsenal possèdeun exemplaire de la première partie.
Il serait beaucoup trop long de citerles nombreuses réimpressions de cecélèbre ouvrage ; bornons-nous à direque la meilleure édition est celle quia été publiée par M. Victor Fournel dansla « Bibliothèque elzévirienne » (Paris ,Jannet, x857, 2 vol. in-i6de lxxxviii-35z et 304 pages). Elle est précédéed’une ample et judicieuse « Introduc-tion » et accompagnée denotesinstruc-tives et nombreuses. L’éditeur y a jointla suite d’A. Offray, beaucoup plus ré-pandue que les autres et qui est venuefaire corps, pour ainsi dire, avecl’œuvre de Scarron qu’elle complètedans presque toutes les parties. Elleabonde d’ailleurs en allusions, endocuments, en renseignements sur lebon vieux temps, et l’éditeur l’aannotée avec beaucoup de soin, ce quien rehausse singulièrement la va-leur.
Dans sa remarquable introduction,M. V. Fournel a donné d’intéressantesindications sur la clef du Roman Co-mique ; on ne saurait mieux faire quede lui emprunter cette page et de latranscrire ici : « . . Le chef-d’œuvre de