DU SABLE CAMPINIEN ET ' DES DUNES MARITIMES DES PAYS-BAS . 29
ainsi à son cours une largeur de 10 à 15 kilomètres. *) On ne s’éton-nera plus que de tels cours d’eau puissent charier des blocs de pierreénormes et de grandes glaces flottantes servant de radeaux. Toutefoisil y a ici une grande difficulté; en admettant que ce bloc de pierre aété charié par les eaux de la Meuse, on devrait avoir la certitude que,dans l’époque diluviale, il se trouvait quelque part dans l’Ardenne du granité comme roche cohérente. Or, on ne rencontre point, que jesache, de granité parmi les cailloux provenus de la contrée nommée.Je suis donc enclin à regarder le bloc erratique d’Oudenbosch commecelui de tous les grands cailloux du diluvium septentrional qui s’estavancé le plus loin vers le sud-ouest.
Nous avons vu plus haut que l’on trouve dans quelques endroits dudiluvium remanié des bancs d’argile ou plutôt d’un limon argileux. Ilserait très intéressant de savoir si le limon de notre sable remanié estanalogue au limon hesbayen dé la Belgique . Si notre limon disposé enlits dans le dépôt sableux est identique au limon hesbayen, sa positionpourrait servir peut-être à résoudre la question qui occupe encore lesgéologues belges, c’est-à-dire la contemporanéité du limon hesbayen etdu sable campinien. On sait que c’était l’opinion de Dumont. Cesavant a dit que le limon hesbayen est une formation d’eau douce quiprésente les caractères d’un delta, et que le sable campinien, situédans le prolongement de ce delta, est une formation marine. Noussavons qu’Omalius d’Halloy n’admettait pas cette contemporanéité, parcequ’il trouvait contraire aux lois de l’hydrostatique d’admettre que leseaux avaient déposé du limon dans une partie moins avancée de leurscours, en même temps que plus loin elles déposaient du sable. On saitde même que M. Dewalque, après avoir fait observer que Dumont, peude jours avant sa mort, a dit à feu M. le Hon que le limon hesbayendoit avoir été déposé par une couche de glace, préfère la manièrede voir d’Omalius d’Halloy, et qu’il considère le dépôt campinien,sables et cailloux, comme l’atténuation des cailloux et des sables quel’on rencontre sous le limon inférieur de la TIesbaye. M. Delanoueconsidère le sable campinien comme produit, lors d’un retour de lamer, par la lévigation d’une partie du limon (supérieur) ce qui le rendpostérieur. 2 ) Et enfin M. Mourlon 3 ), en parlant du sable campinien,dit qu’on l’a ,,regardé comme étant contemporain du limon de la Hes-baye, mais qu’on a récemment émis l’idée qu’il pourrait bien être
') Dewalque, Prodrome, p. 235.
’) Dewalque, Prodrome, p. 249, 250.
“) Patria Belgioa, première partie, p. 184. *