passer sous silence les idées d’un géologue anglais qui, en 1866, aétudié les lits de sable aux environs d’Anvers , et en a communiqué unenotice intitulée: On the Kainozoic Formations of Belgium 1 ). L’auteur,M. (jodwin Austen, va encore plus loin que Staring. Ce dernier savantcherchait, comme on sait, l’origine de son zand-diluvium dans l’actionde la pluie et de la gelée sur les dépôts diluviens, M. Godwin Austensoutient que l’existence du sable campinien n’est due qu’à l’action duvent seul. Après avoir donné une description de ce sable aux environsd’Anvers , le savant anglais dit p. 250: „La manière dont ce manteaude sable . suit l’élévation de la contrée depuis le nord vers le midi,recouvrant toutes les formations plus anciennes, et son épaisseur consi-dérable comparée avec sa grande étendue superficielle, ne permettentpas de supposer son accumulation par l’eau, ou l’existence d’une MerCampienne. D’un autre côté, l’aspect et la composition uniforme de cessables, la manière dont ils sont soulevés par le vent quand ils sont•desséchés, prouvent qu’originairement ils ont été un sable de dunesqui a voyagé de la plage vers l’intérieur des terres, dans une conditionantérieure de la mer du Nord .” Et p. 251 l’auteur dit encore: „Si lessables fins (zand-diluvium) qui dans la Hollande septentrionale (Nortli-Iiolland) forment les parties supérieures du terrain erratique, sont enconnexion avec les sables campiniens de la Hollande méridionale (South Holland ) 2 ) et de la Belgique , ils présentent une ligne parallèle à cellede la côte du terrain erratique, et alors, comme l’indiquent tous leurscaractères, ils peuvent être les sables, soulevés par le vent, du littoralde cette période et de cette époque où l’hémisphère septentrional com-mençait à reparaitre au-dessus des eaux — procès qui se manifestait dumidi au nord.”
Je n’ai pas besoin de dire que je ne crois nullement à l’origineaérienne du sable campinien. Je conçois qu’il est possible, si l’on n’avu que les dépôts sableux des environs d’Anvers , de présumer leurorigine comme des dunes anciennes qui se sont déplacées vers l’in-térieur des terres. Mais si l’on a vu les étendues considérables dediluvium remanié dans la Belgique et la Néerlande , des plaines sableuses
') Cluartcrly Journal of the geologieal Society of Londen, T. XXII, p. 228.
’) L’auteur parle ici de North Holland et de South Holland ; il me semble qu’il ventparler des parties septentrionales de la Néerlande , quand il dit Nortli Holland, et des partiesméridionales, quand il dit South Holland : dans la province qui porte le nom de Noord Hol land en néerlandais , North Holland en anglais , on ne trouve point, de zand-dilnvium, et danscelle que l’on appelle Zuid-IIolland en néerlandais , South Holland en anglais , le sable cam-pinien manque tout,-à-fait.