la proie des vents et est poussé sur la pente douce de la plage ,versl’intérieur des terres jusqu’à la rencontre de pierres, de végétaux oud’autres obstacles, et de cette manière se forme une accumulation desable qui constitue le fondement d’une dune. Toute petite que soit l’élé-vation créée de cette manière, elle sert toutefois à empêcher ou du moinsà retarder la marche progressive des grains de sable qui sont poussés contresa face tournée vers la mer, et à protéger contre l’influence du vent lesparticules qui se trouvent plus loin ou les grains qui roulent par-dessussa crête et tombent ensuite derrière elle. Si la plage au-dessus de laligne de haute marée était parfaitement plane et lisse, si les graminéeset les arbustes sur la plage étaient de hauteur égale, si le sable rejetépar les vagues était uniforme de grosseur et de pesanteur dans ses grains,si ce sable était distribué également, et que l’action du vent fût constanteet régulière, un bourrelet de sable se formerait sur la plage, mais unbourrelet partout égal de hauteur et de largeur. Mais de telles conditionsconstantes ne se rencontrent nulle part. Les rangs de dunes sont cour-bés, brisés, de hauteur différente; les collines sont quelquefois arides,d’autres fois vêtues de plantes d’une structure différente et de dimensionsdiverses ; le sable rejeté de la mer est variable de caractère et de quan-tité, et les vents sont inconstants et changeables. Par ces différentescauses les dunes, au lieu detre des collines uniformes, sont des rangsirréguliers de monticules de sable, séparés par des dépressions ou desvallées d’une étendue et d’une profondeur très diverses.
M. Ad. Duclos 1 ), en parlant des bancs de sable et des dunes de laFlandre , dit: „I)ans notre imagination la mer du Nord est devenuesèche: nous nous trouvons à une dizaine de lieues d’Ostende sur le litde la mer, plus loin que les bancs de sable. Le lit est composé desable; ici nous ne voyons point de falaise rocheuse, comme dans quel-ques autres mers, seulement du sable avec des fragments de coquilles,des arêtes de poisson, des cailloux roulés par l’eau, des morceaux debois qui sont les restes de navires échoués, ou qui ont été traînés versla mer par les courants. Mais passons: nous sommes sur le sable marin»regardons bien ce sable, cela nous servira plus tard.
„Nous montons vers les terres. Comme le lit de la mer est desséché,dans notre imagination toujours, nous pouvons avancer à notre aise.Nous gravissons une pente rapide et nous arrivons sur les bancs. Icinous devons monter et descendre à tour de rôle. Notre promenade nousfait songer que nous nous trouvons dans les dunes de la Panne, et l’on
) Duclos , Do onde kuste van Vlaanderen, p. 40.
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