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Des bords du Chéliff, 18 juin 1841.
Nous courons beaucoup depuis quelques jours ; nousbridons et saccageons tout ce que nous rencontrons, etcela presque sans coup férir, ce qui rend la promenadefastidieuse. Nous ferons probablement ce métier jusqu’au3 juillet.
Dans quelques instants, une colonne part pourDlidali ; elle escorte nos malades, au nombre desquelsse trouve le duc d’Aumale, atteint d’une assez fortedysenterie.
Nous allons à Médéah, où nous nous ravitaillerons.
Adieu, bon père...
... Nous venons de faire une rude campagne, rudepar les fatigues et les privations, mais, du reste, bien^signifiante.
Depuis le 6 juin, nous avons couru constamment.
Médéah, Milianah, la vallée du Chéliff, les mon-tagnes de l’Atlas, les environs de Cherchell , voilà lethéâtre de nos courses. Nous avons poussé plus loinqu’on ne l’avait fait jusqu’à ce jour. Nous nous sommesavancés dans les plaines de la Mina, dans un paysinconnu des guides. Partout l’ennemi s’est retiré devantnous ; il n’y a pas eu un engagement sérieux.