102 CORRESPONDANCE DTJ GÉNÉRAL DUCROT.
sont pas entrés en arrangement avec les Français avantl’époque des moissons, nous reviendrons cliez eux toutbrûler et tout saccager.
On s’attendait à quelques attaques sérieuses; maispartout les populations se sont retirées devant nous, etil ne s’est produit que quelques escarmouches d’arrière-garde, dans lesquelles nous avons eu trois officiersblessés et une vingtaine d’hommes tués ou blessés (1).
Pendant notre absence, deux cents coureurs Ilad-joutes ont attaqué un détachement d’une vingtained’hommes (2). Les malheureux ont été écrasés par lenombre, après une résistance héroïque. Quatre seule-ment (Biré, Girard, Stal et Marchand) étaient encoredebout quand les troupes sorties de Boufarik sontarrivées pour les dégager. Un seul homme n’était pasblessé, quatre avaient été tués raides, et plusieurs sontmorts des suites de leurs blessures. Le brave sergentBlandan, qui les commandait, a succombé après avoirreçu trois coups de feu.
Un jeune sous-aide-major (mon homonyme), qui satrouvait là par hasard, s’est conduit admirablement. Ua d’abord pris le fusil d’un homme tué et a fait le coupde feu jusqu’au moment où deux balles lui ont fracasséle bras droit. Il est encore resté debout, exhortant lessoldats qui l’entouraient à vendre chèrement leur vie età se faire tuer plutôt que de se rendre aux Arabes.
(1) Dans cette course, on détruisit les moulins et les fours d’où lestroupes de Ben-Alial et de Berkani tiraient leur subsistance, ainsi que laZaouia de Berkani.
(2) Combat de Beni-Mored.