116 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
lieues au sud-ouest, et nous arrivons le soir dans uneoasis, au pied de ces montagnes que tu as aperçues deBoghar. A sept heures du soir, nous partons sans tam-bour ni trompette ; nous marchons toute la nuit en lon-geant la montagne, nous y entrons à la pointe du jour.On surprend un village appelé Godzila, l’on prend quel-ques habitants desquels on espère obtenir des rensei-gnements sur la Smala. Ils disent que la Smala a quittéGodzila depuis quelques jours; qu’elle est entrée dansle désert; mais ils ne peuvent donner des détails sur samarche. Le 15, séjour à Godzila. Le 16, nous nousmettons en route à trois heures du matin ; notre bataillonest d’arrière-garde. Nous marchons toujours au sud-ouest, nous traversons la chaîne des montagnes dont jete parlais tout à l’heure, vulgairement dites « Montagnesbleues » . Vers midi, quelques Arabes du Goum amènentun nègre qu’ils ont pris dans la montagne. Ce nègreaffirme que la Smala est passée depuis deux jours,qu’elle est entrée dans le désert, et qu’elle doit se trou-ver à l’Oued-Taguin, au sud-est. Immédiatement lacolonne s’arrête, on donne l’ordre de faire le café. Onprévient que l’on marchera pendant toute la nuit, et quel’on a quatorze ou quinze lieues à faire sans eau. Leszouaves sont déchargés de leurs sacs, on leur donne deuxcents mulets; la moitié seront montés sur ces mulets;ils se relèveront successivement et suivront la cavalerie.Un bataillon du 33 e et le nôtre suivront aussi vite quepossible avec le convoi. La cavalerie doit arriver à lapointe du jour; nous arriverons vers onzeheures du mutin-