GUERRE D’ITALIE.
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T’ai-je dit que je m’étais croisé avec une partie du3 e grenadiers, en quittant Alexandrie ? J’ai serré la mainde bon nombre de ces messieurs.
Armand de Maillé m’écrit ce matin que personne nesonge plus aux causes de la guerre, qu’on ne s’intéressequ’aux résultats, que tout le monde forme les vœux lesplus sincères pour nos succès, que d’ailleurs la confianceest générale.
Il ajoute que le départ de l’Empereur a réellementdonné lieu à une explosion d’enthousiasme d’autantplus remarquable que le lendemain, lorsque le princeNapoléon a suivi le même chemin, pas un chapeau nos’est levé sur son passage.
Nous sommes certains de la neutralité de toute l’Eu-rope ; l’Angleterre arme dans la Manche et la Méditer-ranée; mais elle ne peut être prête avant quatre mois,et, d’ici là, nous aurons le temps d’avancer notre beso-gne. Peut-être aussi serons-nous alors en mesure deconclure une paix honorable et avantageuse pour notrepays.
Adieu.
Le général Ikicrot, comme la majorité des officiers fran-çais et comme l’état-major autrichien, s’attendait à voirNapoléon III, renouvelant la marche de Bonaparte en 1796,traverser la Stradella pour franchir le Pô vers Plaisance etfaire ainsi tomber les lignes naturelles de défense que lesaffluents de la rive gauche du Pô offraient à l’ennemi.
L’Empereur jugea, non sans raison, que cette marche de