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Tome premier.
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324 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

paient une position dominante sur la rive gauche ; cettoposition, armée de douze pièces de gros calibre, étaitcouverte par un ruisseau fangeux, bordé de rizières etne présentant qu’un seul gué enfilé par les batteries.Après l’avoir traversé, il fallait remonter une côteexcessivement raide, terminée par un épais taillis, der-rière lequel étaient massés plusieurs bataillons autri-chiens.

Prenant le pas de course à cinq ou six cents mètresdu ruisseau, les zouaves sont venus se buter contre cetobstacle infranchissable, où ils ont été accablés par unegrêle de projectiles. Sans se déconcerter, les zouavesont fait tête de colonne à droite, longé le ruisseau surune longueur de cent cinquante mètres environ, tou-jours sous le feu de l’ennemi, sont tombés sur le gué,s’y sont jetés ayant de l’eau jusqu’à la ceinture, ontgravi la côte, culbuté les Autrichiens qui se sont mis àbattre en retraite sur une route coupée par une rivièreprofonde et aux berges escarpées. Un pont unique don-nait passage sur cette rivière ; il était défendu par deuxpièces de gros calibre et une maison crénelée. Leszouaves se sont rués sur le pont, à la suite des Autri-chiens, ont tué chevaux et canonniers, et pris ou tuédeux cents hommes dans la maison. Les deux grossespièces et les six autres qui se trouvaient au delà ont étéenlevées, avec je ne sais combien de caissons et de voi-tures. Nos zouaves ont poursuivi l’ennemi sans désem-.parer, jusqu’à un autre canal où beaucoup de fuyardsse sont noyés.