366 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
admet celui du voisin, suivant la tendance de sonesprit.
.Il paraît positif que la première division de notre
corps d’armée, qui devait aller à Parme , ne passera pasle Pô et restera à Gasal-Maggiore avec la deuxième.
C’est un événement fort simple, une modificationpeu importante dans l’emplacement des troupes, et quipourrait s’expliquer de plusieurs manières; mais lesfortes têtes en ont tiré la conclusion suivante : la guerreavec la Prusse est imminente, nos frontières sont me-nacées, et l’Empereur, assuré aujourd’hui de la neutra-lité et même du concours de l’Autriche , va se hâter derappeler son armée en France pour entrer immédiate-ment en Allemagne . Ce thème est absurde et ne sup-porte même pas l’examen, mais il plaît à certains espritsconquérants qui l’ont adopté avec empressement etexposent déjà leur plan de campagne à qui veut lesentendre.
L’Empereur a décidément quitté Milan le 14; il estpar conséquent à Saint-Cloud depuis hier; c’est donc àParis que vont se traiter les grandes affaires politiques etautres, et ce sera à ton tour de me donner des nouvelles,
Nous avons toujours une chaleur accablante, beau-coup de personnes en éprouvent du malaise; notregénéral de division est assez souffrant depuis deux outrois jours, ce qui ne l’empêche pas d’aller, de monterà cheval, de courir; il se soigne fort mal; aussi paraît-iltrès fatigué.
Ma petite colonie continue à se bien porter. Antomn