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Tome second.
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CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

arbitrairement au détriment de deux cent vingt princes de safamille, il ne trouvât dans ceux-ci de redoutables compétiteurs.

De telles objections avaient amené le général Ducrot à re-garder l’élévation de Medjed comme unelourdefautepolitique.Ses sympathies allaient au contraire vers le jeune JosephKaram qu’il connaissait personnellement, dont il avait puapprécier par lui-même le mérite, le patriotisme, le dévoue-ment à la France , et qui s’était déjà créé une juste célébritédans le Liban par ses services et par sa ferme attitude àl’époque des massacres.

L’affection de Karam pour la France n’était pas un sentimentimprovisé, fruit suspect d’une ambition inquiète. Elle dataitde loin; elle résultait de l’éducation chrétienne qu’il avait reçueau collège d’Àntoura et qui, par une tradition dix fois séculaire,l’entraînait naturellement vers nous. Dès longtemps cette ten-dance était connue de tous dans la contrée. Plusieurs annéesavant les malheureux événements qui mirent en lumière lejeune cheik de l’Ehden, une dame anglaise, qui avait reçul’hospitalité dans sa maison, ne crut pouvoir mieux témoignersa reconnaissance par un présent sûr de lui être agréable,qu’en lui envoyant les images des chefs de la nation française :c’est ainsi qu’il aimait à montrer bien en évidence dans sademeure les bustes de l’Empereur et de l’Impératrice.

A son arrivée en Syrie, notre commissaire M. Béclard avaitété, comme le général Ducrot, favorable à Karam. Il lui pro-posa, en attendant la solution définitive qu’adopterait la con-férence, de le faire nommer caïmacan provisoire des Maronites.Les difficultés d’une tâche si pesante dans ces circonstancestroublées firent d’abord hésiter Karam; mais il accepta bien-tôt lorsqu’on s’adressa à son cœur et à son dévouement pourses concitoyens. Fuad-Pacha , qui, en sa qualité de musulman,détestait le cheik chrétien, comprit tout de suite le désavan-tage que celui-ci éprouverait d’une telle combinaison à causemême des difficultés qu’elle entraînerait nécessairement; ets’il feignit tout d’abord de n’y pas vouloir donner son acquies-