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le respect des lois. Il poussa l’abnégation jusqu’à féliciterpubliquement Medjed de sa nomination et lui envoya mêmedes présents.
Cependant il était trop clairvoyant pour ne pas comprendrequ’une situation aussi anormale ne pouvait durer, et il devi-nait que sa présence au Liban était et deviendrait chaque jourdavantage un motif de trouble. Aussi une absence momentanéelui semblait-elle nécessaire. Il fit tenter par ses amis des démar-c hes auprès de M. Thouvenel, ministre des affaires étrangèresà Paris , pour lui demander l’autorisation de faire un voyage enFrance et d’aller lui exposer les vraies causes de la crise duLiban si peu entendues par les diplomates.
La réponse n’eut pas le temps d’arriver avant que les chosesfussent complètement gâtées. Medjed commettait exactionss ur exactions, levait les impôts à tort et à travers, toujours auxdépens des Maronites. A Koura, son cousin Hassan emprison-nait arbitrairement les Maronites; il faisait battre les notablesde Gheika, coupables d’avoir assisté à une noce dans unefamille rivale de la sienne. Joseph protestait contre les vexa-tions de ces tyranneaux ridicules. Il eut à Bétroun une entre-vue avec Daoud-Pacha, qui était venu faire une inspection avecL secrétaire de M. Béclard . Mais cette entrevue n’amenaaucun résultat, sinon de faire éclater mieux que jamais lapopu-larité de Karam par les ovations qu’on lui fit, et par suite de levendre plus antipathique au parti turc. Une enquête futordonnée et Karam fut appelé à Beyrouth par Fuad-Pacha .Le secrétaire de M. Béclard avait confirmé cette invitation.
Or Joseph Karam était protégé français et, comme tel,devait bénéficier de certaines immunités garanties à nos natio-naux en vertu de capitulations très anciennes qui ont force dedans tout le Levant. D’après ces capitulations, aucunFrançais ou protégé français ne peut être arrêté et jugé que parF ordre du consul de France, gage de sécurité vraiment indis-pensable dans ces pays où la légalité est peu de chose et 1 arbi-traire presque tout. Joseph devait donc se croire sous la sauve-