9* CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
impedimenta, j’ai fractionné ma petite colonne en deux,j’en ai lancé une moitié très ostensiblement sur unetribu incorrigible qui, depuis le commencement del’insurrection, interceptait nos communications entreBoghar et Djelfa; puis, mes lièvres mis sur pied, je inesuis porté, par une marche de nuit, sur leur ligne deretraite, et les ai surpris au moment même où ils po-saient leurs tentes pour reprendre haleine. Hommes,femmes, enfants, troupeaux, tout est resté entre nosmains, et le succès, aussi complet que possible, ne nousa coûté qu’un homme tué et trois blessés.
L’on a paru très satisfait à Alger de ma double opé-ration du convoi et de la ghazia, et l’on a bien voulum’en faire quelques compliments.
Aujourd’hui, tout est à peu près rentré dans l’étatnormal dans ma subdivision, à part cependant notreextrême Sud, où nous avons dû laisser une colonnemobile, sous les ordres du colonel Margueritte, afind’enlever au chef de l’insurrection l’idée de venir fairequelques pointes sur nos tribus soumises.
Est-il donc vrai que notre pauvre Iiaram est rentrédans le Liban avec l’intention d’entrer en lutte ouvertecontre ce misérable Daoud-Pacha? En vérité, je n’aipas le courage de le blâmer, s’il en est ainsi, car il mesemble que, à sa place, j’en aurais peut-être fait autant;mais je redoute de nouveaux malheurs pour notre infor-tuné Liban !
Allons, vilain paresseux, vite la plume à la main,