158 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT,
funeste, aussi insensé ! Je le comprends d’autant moinsque le résultat est en complète opposition avec ses idées.J’en ai la certitude, d’abord par ce qu’il m’a dit lui-même, ensuite par ce qu’il m’a fait dire dernièrementpar son chef d’état-major qui est venu de Paris . Yoici àpeu près ses paroles, que m’a rapportées le colonel de Mal-roy : « Dites au général Ducrot que l’Empereur a beau-coup regretté, que j’ai vivement regretté moi-mêine,qu’il n’ait pas assisté à la l’éunion dans laquelle on adiscuté les bases de l’organisation de l’infanterie. Siune chose peut le consoler, c’est que j’ai soutenu trèschaudement ses idées, qui sont aussi les miennes; maisle projet de l’Empereur était si bien arrêté d’avancequ’il ne m’a pas été posible de le faire modifier, et il estprobable que le général Ducrot n’aurait pas mieuxréussi. »
C’est, en effet, très probable. L’Empereur, dans soflcabinet, m’avait exposé d’une manière assez complètece projet; je lui avais fait mes observations et je croyaisavoir produit une certaine impression ; mais il est arrivece qui arrive presque toujours avec l’Empereur : unefois seul, il a résolu dans sa tête les objections que je buavais faites, et il est revenu purement et simplement ases premières idées.
Je dis que c’est fâcheux, et voici pourquoi. Avec uneaugmentation considérable d’effectif, il faut nécessaire-ment se préoccuper d’une augmentation de cadres, ° ütout au moins de certaines modifications qui rendentles cadres existants plus élastiques. Avec le nouveau