364 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT
qui est à droite du château de Froëschwiller, moi refu-sant de prendre une pareille initiative et leur disant .
« Mais je ne suis qu’un simple pékin connaissant lepays et rien de plus; si vous, géne'raux, vous avezéchoué, que voulez-vous que je fasse? »
Le général Ducrot insista vivement, me disant qu’iln’était plus temps de faire des façons, que les circon-stances étaient graves, et que c’était un devoir pour moi ;il en appela à notre amitié, à mon amour du pays, etenfin je me décidai et je rentrai chez le maréchal flanquédes deux divisionnaires.
J’exposai au maréchal la situation comme je la con-cevais : la position était trop étendue, nous avions desforces considérables devant nous. Le point où nousallions battre en retraite offrait, il est vrai, le désavan-tage de découvrir Strasbourg; mais, entre Bitche etPlialsbourg, dans les montagnes abruptes, grossisde Failly, nous serions inexpugnables. Je montrai surla carte les trois ou quatre routes que j’avais indiquéesla veille comme lignes de retraite, et je terminai enm’excusant de ma hardiesse et en m’abritant derrièreles généraux Raoult et Ducrot.
Le maréchal défendit son opinion en disant qu’il necroyait pas à une bataille, que c’était peut-être unedémonstration destinée à masquer un mouvement, etque rien ne l’étonnerait si l’ennemi, se dérobant par sadroite, allait vouloir se réunir à l’armée allemande dela Moselle ; enfin qu’il attendait le général de Failly quidevait être en route.