378 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
la responsabilité ne saurait en incomber au général deFailly; elle pèse en réalité sur le maréchal de MacMahon . Peut-être l’avant-garde du 5 e corps n’a-t-ellepas fait toute la diligence possible, lorsque le canons’est fait entendre dans la direction de Froëschwiller...Mais la division Lespart allongée sur une seule route,encombrée de ses bagages, avait bien des motifs pourne pas précipiter sa marche, car elle eût risqué d’arriverdécousue et en désordre au milieu d’une action engagéedepuis longtemps.
En admettant qu’elle fût en ligne une heure ou deuxheures plus tôt, il est bien probable que son interven-tion n’aurait pas changé beaucoup le sort de lajournée,d’autant plus qu’elle n’eût pu déboucher et arriver surle terrain que par hasard. Dans tous les cas, ons’explique difficilement que le maréchal n’ait pas ma-nœuvré pour se replier sur le 5° corps, tout au moinsà partir de dix heures et demie, alors que le com-bat s’était très ralenti et que le comte de Leusse venait defaire parvenir l’avis de l’entrée en ligne très prochainede toute l’armée du prince royal. La vérité est que,pendant toute cette fatale journée, chaque divisionnairea combattu sur place, sans recevoir aucun ordre précis,sans connaître le but de la lutte, ni l’objectif en avant,ni la ligne de retraite en arrière... C’est à quatre heuresseulement, alors que toute notre droite et notre centre,accablés et débordés par des forces supérieures, fuyaienten désordre, que le maréchal a fait donner l’ordre augénéral Ducrot d’utiliser les cinq bataillons dont il