396 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
et la fumée pendant huit jours au moins. En raison dela position élevée du village, le désastre fut aperçu decinq à six lieues à la ronde.
Terrifier et ruiner le pays, faire supporter aux popu-lations inoffensives tout le poids de la guerre, telle aété la tactique invariable de nos ennemis implacables.
Les huit principales rues de Yoncq, comprenant« 238 travées » de bâtiments, ont été détruites par lefeu. 138 ménages se sont ainsi trouvés sans asile et ontperdu tout leur mobilier.
La perte en bâtiments, mobiliers, denrées, moutons,chevaux, bestiaux, a été évaluée à 1,100,000 francs,soit à 1,100 francs par « tête d’habitant » . Après Bazeille,le village de Yoncq a été, à coup sûr, le « plus mal-traité » du département des Ardennes .
Dans la soirée du 29 août, le major de Seydlitz , quiporte un nom célèbre dans la cavalerie prussienne, logédans un village voisin de Voncq, contemplait avec délicesles flammes qui réduisaient à la misère tant d’honnêtesfamilles. Il était tout heureux de l’œuvre de destructionaccomplie par son ordre !
Les prisonniers de Voncq. — Mais les malheurs deVoncq ne devaient pas se borner à l’incendie. Tout enmettant le feu, les hussards firent prisonniers tous leshommes qu’ils purent rencontrer.
Vers onze heures du matin, ces malheureux, quin’étaient pas armés et n’avaient pris aucune part à lafusillade, furent réunis sur la place du village. Plusieursd’entre eux, saisis à l’improviste, étaient sans coiffure,