398 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
1“ A Édouard Miroy, son portefeuille contenant2,000 francs en billets de banque. C’était le prix d’unepetite maison sise à Leffincourt, que le pauvre infirmeavait vendue récemment.
2° A Mirov-Liégeois, vigneron, frère du précédent,et incendié, 70 francs et sa montre en argent.
3° A Bourgeois (Jean-Baptiste), 65 francs et sa montreen or.
4° A Boitel, maréchal ferrant, 990 francs en or.C’était le fruit de longues et laborieuses économies ; etau même moment sa maison et son mobilier étaientlivrés aux flammes !
Le chef du détachement, dont nous regrettons de nepouvoir signaler le nom à l’indignation publique, s’ap-proprie cette somme et fait comprendre par signesqu’elle s’élève à 1,000 francs moins 10 francs.
De Hamy, les prisonniers passent par Terron, la prai-rie de Vandy, franchissent l’Aisne sur le pont de cettecommune et arrivent à Vrizy vers midi. Pendant cetrajet et par un raffinement de barbarie, le chef dupeloton force plusieurs fois les malheureux captifs à seretourner pour qu’ils puissent contempler l’incendie deleur village; de temps en temps il les fait mettre enrang le long des murs et des fossés de la route, commesi on allait les fusiller! Le silence le plus absolu estd’ailleurs exigé d’eux, et la moindre plainte est inévita-blement suivie de coups.
A Vrizy, on a l’infamie d’arracher son ruban de légion-naire à l’honorable major Verrier, et il avait les mains